Pascal Alain, courtier immobilier chez Royal Lepage Kamouraska-L’Islet, s’attend à ce que les nouvelles règles hypothécaires imposées par le gouvernement fédéral aient un impact minime sur le marché immobilier de la région.
Depuis le 17 octobre, tous les acheteurs versant moins de 20 % de la valeur du prix d’achat d’une maison en mise de fonds doivent se soumettre à un « test de risque » au moment de contracter un prêt. Cette simulation doit permettre de vérifier le ratio d’endettement maximal des acheteurs et leur capacité à effectuer leur remboursement advenant une remontée des taux d’intérêt à un seuil historique de 4,64 %. À titre d’exemple, chez Desjardins, le taux fixe de cinq ans est actuellement autour de 2,74 %.
Plusieurs observateurs ont souligné que ces nouvelles règles avaient pour but de stabiliser le marché immobilier dans les villes de Toronto et Vancouver, où la flambée des prix ces dernières années semble avoir augmenté le nombre d’hypothèques à risque pour la SCHL (Société canadienne d’hypothèques et de logement), qui assure les prêts des ménages qui ne mettent pas 20 % en mise de fonds lors de l’achat d’une résidence. « De ce que j’ai lu et regardé, ça devrait toucher moins de 10 % de nos transactions », de déclarer Pascal Alain. « Beaucoup d’institutions financières qualifiaient déjà leurs clients à un taux de 5 % environ, même s’ils sont plus bas à l’heure actuelle », ajoutait-il.
Premiers acheteurs
Ces nouvelles règles s’ajoutent également à une série d’autres adoptées depuis l’éclatement de la bulle immobilière aux États-Unis en 2008. « Lorsque j’ai débuté dans le métier, il y a plus de dix ans, il y avait des hypothèques sur 40 ans. Ce n’est plus le cas aujourd’hui », de raconter Pascal Alain.
C’est pourquoi il croit que ces nouvelles règles auront surtout un impact auprès des premiers acheteurs qui n’ont parfois pas la mise de fonds minimale de 5 %. Heureusement, dans la région, le prix des maisons est beaucoup moins élevé. « C’est plus facile d’avoir le 5 % en mise de fonds », précisait-il.
Enfin, Pascal Alain mentionnait que dans environ 50 % des ventes qu’ils réalisent les acheteurs n’ont pas la mise de fonds de 20 % nécessaire pour ne pas avoir recours à la SCHL.
