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Patriotes : Le texte de Aude Jalbert-Drouin remporte le 1er prixadmin20150608

SAINT-ROCH-DES-AULNAIES – Le Comité des Patriotes de la Côte-du-Sud tenait le 17 mai dernier au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière son grand souper annuel à l’occasion de la Journée nationale des Patriotes. Quatre-vingt-dix personnes ont assisté à l’événement célébré cette année en musique et en gastronomie. 

En première partie, le prestigieux Ensemble Nouvelle-France, fondé et dirigé par Louise Courville, a interprété 12 chants patriotiques composés à l’époque romantique, mais troublée des héros qui ont combattu pour la liberté et la démocratie en notre pays. En seconde partie, le Comité des Patriotes a remis les Prix Maurice-Rousseau et Étienne-Chartier.

Aude Jalbert-Drouin

Le Prix Maurice-Rousseau récompense l’élève des 3e et 4e Secondaire de la Côte-du-Sud qui a rédigé le meilleur texte sur l’histoire des Patriotes. Il a été décerné à Aude Jalbert-Drouin pour sa lettre destinée au patriote bien connu François-Marie-Thomas de Lorimier. La lauréate est en 3e Secondaire au Collège Sainte-Anne et a pour professeure d’histoire Mme Sylvie Saint-Pierre. Vous pouvez lire la lettre de Aude Jalbert-Drouin sur www.leplacoteux.com, dans le texte portant le même titre.

Une mention spéciale a été attribuée à Olivier Gadoury, élève de Mme Caroline Théberge, 3e Secondaire de l’école Saint-Charles de Bellechasse, pour sa lettre à Charles Hindelang.

Le Prix Étienne-Chartier du patriote de l’année a été décerné au géographe Gaston Cadrin par le président de la Société nationale des Québécoises et des Québécois de Chaudière-Appalaches en reconnaissance de son militantisme en faveur de la protection de l’environnement, particulièrement du fleuve Saint-Laurent, du patrimoine bâti ou de l’aménagement du territoire à titre de président du Groupe d’initiatives et de recherches appliquées (Giram). Institué en 2003, ce prix est remis chaque année au citoyen de Chaudière-Appalaches qui s’est le plus distingué par son patriotisme au long de sa vie.
 


Voici le texte de Aude Jalbert-Drouin qui a reçu le 1er prix.

Monsieur François-Marie-Thomas de Lorimier, Patriote 

Février 1838

Cher père, j’espère que vous vous portez bien malgré toute l’agitation dont on entend parler ici, au Bas-Canada. Je tenais à vous faire part de la nostalgie que vos proches et moi-même éprouvons depuis votre départ. 

Quand d’autres partisans Patriotes ont su que j’allais vous écrire, ils ont tenu à ce que je vous glisse un mot de leur part. Votre enthousiasme et votre détermination lors de la rébellion de l’an dernier leur manquent. «Un secrétaire hors-pair» m’ont-ils dit d’écrire. J’imagine qu’ils faisaient allusion à l’assemblée du comté de Montréal, lorsque vous vous rebelliez contre les 10 résolutions Russell. Selon moi, c’est une honte de la part du Roi de rejeter ainsi les 92 résolutions émises par son fidèle peuple. Tant de temps passé par vous et vos confrères sur ce projet pour rien… 
 

Pour en revenir à mère et moi-même, je vous ai expliqué plus haut que nous sommes folles d’inquiétude. Nous ne pouvons point savoir avec certitude si vous êtes toujours en vie ou non. Seules quelques rumeurs ont permis de nous éclairer. Est-ce vrai que vous avez été touché à la cuisse par une balle lors de la manifestation de la Société des Fils de la Liberté? Nous savons que le gouverneur Gosford a lancé un mandat d’arrestation contre vous, mais où êtes-vous à présent? La fille d’un de vos clients du cabinet m’a récemment colporté un ragot selon lequel vous auriez participé à la bataille de St-Eustache. Nous savons de source sûre que Chénier y a péri, mais aucune nouvelle fiable de vous. J’en ai donc parlé à mère qui, elle, avait plutôt entendu dire que vous étiez refugié aux États-Unis, avec d’autres insurgés ayant réussi à fuir. Elle a même parlé d’un plan d’invasion du Bas-Canada. Elle ne veut pas me dire sa source, mais je me doute bien qu’elle tient toutes ces informations de la même personne qui vous apportera cette lettre. 

Père, si vous lisez ceci, ce que j’espère malgré les hauts risques que ma lettre tombe en de mauvaises mains, je vous prie d’être prudent. Trop de bonnes personnes ont déjà péri lors de cette rébellion et je ne pourrais tolérer qu’un tel sort puisse vous arriver. Je vous prie de me pardonner mon imprudence. Vous deviez savoir à quel point tout le monde ici, moi tout particulièrement, est fier de vous. Grâce à vous, peut-être nos enfants, petits-enfants ou même arrière-petits-enfants pourront vivre dans un pays libre et juste… Avec toute l’admiration que je vous dois et dans l’espoir de vous revoir bientôt, sain et sauf, je vous salue et vous souhaite bonne chance, mon père. 

Aude Jalbert-Drouin, 3A
Classe d’histoire de 3e secondaire de Madame Sylvie Saint-Pierre 
Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière