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Place aux lecteurs: Bilinguisme et biculturalisme : leurre, utopie et fossoyeur de notre culture

La culture, c’est la pensée viscérale livrée par les actes et la parole. C’est aussi la somme d’un peuple; de ses racines dans ce qu’elles ont de plus nobles et fondamentales qui lui permettent de se différencier, de se distinguer, de s’exprimer et de s’estimer.

La culture, c’est la pensée. Et, il est impossible de « penser » avec deux esprits en même temps. Avec deux têtes. L’une en français, l’autre en anglais. Un choix s’impose par lui-même. Autrement, on mêle les deux. On pense dans l’une, on agit dans l’autre, ou l’inverse, d’où naissent l’incompréhension, le doute, la discorde et la dualité d’esprit. Voilà comment survient l’utopie, le rêve impossible, celui qu’on nomme biculturalisme!

Nous savons tous que le français n’est correctement parlé que par une minorité au Québec. Le langage quotidien de la majorité n’en contrôle qu’une infime partie. Elle utilise à qui mieux mieux des anglicismes, ou carrément des mots anglais comme fun – hot – band – busy – break – lunch – man – job – chum – t’chek ça! […] et tellement d’autres similarités qu’il faut être de mauvaise foi pour ne pas admettre l’appauvrissement de notre langue.

Souvent même, nous y constatons que ceux qui les utilisent ne connaissent même leurs correspondances. […] Oublions ici l’utilisation de l’anglais et des anglicismes dans tous les milieux de travail et dans nos médias, lesquels s’y adonnent abondamment.

Alors! Comment peut-on prétendre « faire » d’un peuple, déjà pauvre au niveau linguistique, un peuple « riche » en étant bilingue?

S’il ne peut parvenir à parler adéquatement une seule langue, comment pourra-t-il en contrôler deux et prétendre de surcroît être bilingue pour les uns et, « biculturel » pour les autres? […]

Par notre négligence, voire indifférence, face à notre anglicisation, nous sommes les premiers fossoyeurs de notre culture.

Et les Anglais s’en régalent […]

Marcellin C. Després
Saint-Cyrille