Il y a peu, j’ai été confrontée à une situation qui, je dois le dire m’a laissé un goût amer. Ma mère est décédée et elle avait expressément demandé à ce que le dernier au revoir se fasse à Rivière-Ouelle; après tout elle y a vécu 87 ans, elle y a élevé sa famille; son père fut maire de la municipalité 25 ans, etc. Donc, nous faisons les démarches en ce sens pour nous faire dire qu’il n’y a plus de salon funéraire à Rivière-Ouelle, on l’a transformé en bureaux.
Je peux comprendre qu’on ait besoin d’espace pour la municipalité, mais peut-être qu’avant de passer aux actes, il y aurait eu possibilité de consulter afin de trouver une alternative. Souvenez-vous que j’habitais dans la maison quand le conseil décida d’en faire l’Hôtel-de-Ville, cependant tout se fit dans le respect.
Partout ailleurs, on fait des pieds et des mains pour garder les citoyens, là on les envoie se faire voir ailleurs.
Il y a 23 ans que je travaille pour une municipalité et on m’a toujours dit et prouvé que celle-ci existe par et pour ses citoyens et non l’inverse. Les citoyens ne sont pas au service de la municipalité, ils en sont l’essence.
Il y a trois résidences pour personnes âgées sur le territoire et on leur refuse le droit de terminer leur parcours chez eux. C’est assez ordinaire. De plus, cela pénalise les personnes qui ne conduisent plus.
Maman n’aurait pas été fière du langage de sa fille quand j’ai appris cela. J’ai dû laisser retomber la colère avant d’écrire ce mot, sinon j’aurais été très impolie.
Je ne comprends pas que les citoyens aient laissé faire une chose comme ça. Je ne comprends même pas que cela se soit fait de cette façon grossière. La gouvernance d’une municipalité est une chose sérieuse, le manque de vision et de respect ne devrait pas en faire partie.
En plus, comme une seule salle est maintenant disponible, on en est rendu, si on veut faire les choses civilement et ne pas retourner les gens chez eux cavalièrement après le service funèbre, à tenir compte du bingo pour fixer l’heure des funérailles.
Je ne peux que déplorer cette attitude et souhaiter que cela ne devienne pas une habitude.
Carolle Rivard-Bérubé
Native et ex-résidente de Rivière-Ouelle; fidèle lectrice du journal
Charny