D’abord, j’adresse mes félicitations au candidat libéral Norbert Morin pour sa réélection dans Côte-du-Sud. Comme tout candidat dévoué à son parti, il pratique à l’occasion une partisanerie mesquine. On lui pardonne ce travers, parce que dans le fond, Norbert Morin c’est un bon gars.
Mes félicitations vont également au chef du parti Libéral du Québec, Philippe Couillard. Il a désormais les coudées franches pour appliquer son programme axé sur l’économie et l’emploi. Je suis beau joueur. Les Québécois de toute allégeance doivent être derrière leur premier ministre. Laissons-le agir. Pas par bonasserie, mais par solidarité et surtout en soutien à sa volonté d’assainir les pratiques de gouvernance de son parti. Dans quatre ans, les Québécois à nouveau seront appelés à sanctionner. Telle est la démocratie.
Je suis profondément blessé par la dernière élection. La déception n’est rien à côté de cette blessure, infligée par mon propre parti. (Désolé pour ceux qui pensent que je vais humer tel un charognard les chairs du cadavre encore chaud). Je suis tout aussi coupable que le parti Québécois. Je l’ai laissé m’emmener dans des sentiers maintes fois empruntés. Tous des culs-de-sac. Je l’ai laissé porter mon rêve d’indépendance, alors que j’aurais dû le porter moi-même. Et pourtant ce rêve d’indépendance n’est pas un poids – Philippe Couillard parle, quant à lui, « d’une idée [qui] ne meurt jamais ». Mais au fil des ans le PQ en a fait quelque chose de difforme, sans âme, sans visage, quelque chose que l’on ne peut nommer, que l’on doit cacher, parce drapée dans la peur de l’échec.
Je suis, aujourd’hui, plus que jamais indépendantiste. Je crois que le Québec devra un jour choisir sa destinée, choisir d’assumer pleinement sa différence en Amérique ou se diluer dans la masse. Demande-t-on aux Canadiens anglais s’ils sont Américains? Que non! Ces loyalistes britanniques ont historiquement décidé de se donner un pays différent de celui de leurs frères, les États-Unis d’Amérique; ils ont ainsi marqué leur différence.
J’assume pleinement aujourd’hui que je suis par devant l’humanité qui m’a fait naître ici en terre d’Amérique un Québécois indépendantiste. Plus jamais, je laisserai un parti politique, quel qu’il soit, ridiculiser mon rêve.
Je n’en demande pas moins au parti Québécois. Quatre années bien comptées vous sont laissées pour vous ouvrir à l’autre et opérer un changement si profond que René Lévesque risque de s’y reconnaître. Assumez votre option ou disparaissez, parce que moi je ne participerai pas à votre lente agonie.
Raynald Laflamme
Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud
