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Place aux lecteurs: La chasse et la loiadmin20141002

Quand on pratique une activité, il est important d’en connaître les règles. Quels seraient les résultats si vous jouiez au golf sans tenir compte des règlements? Que diraient vos compagnons de jeu si vous décidiez de déplacer votre balle pour faciliter votre approche? Il y aurait sans doute quelques objections.

On doit généralement respecter certaines règles et la chasse n’y fait pas exception. Plusieurs règlements régissent sa pratique et le non-respect de ceux-ci entraîne plus de conséquences que le déplacement d’une balle au golf. Une infraction à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune peut conduire à des amendes salées. Et je ne parle pas ici d’amandes, mais bien d’amendes. Je vais donc faire avec vous un survol des principaux règlements que vous devez respecter lorsque vous pratiquez la chasse au gros gibier.

Tout d’abord, il est primordial de connaître les dates de chasse et la zone où vous désirez chasser, car les saisons de chasse varient selon les zones. Lors de l’achat de votre permis de chasse à l’orignal, vous devez indiquer au préposé la zone où vous comptez chasser. La zone choisie sera inscrite sur votre permis qui n’est valide que pour cette zone. Cependant, une personne peut acheter un permis en tout temps ou utiliser un permis valide acheté après la date limite pour participer à une chasse contingentée dans une réserve faunique, dans une pourvoirie à droits exclusifs de chasse ou dans un secteur à accès contingenté d’une zec. Elle peut alors faire inscrire le numéro de zone de son choix sur le permis. Après avoir chassé dans ce type de territoire, le titulaire de permis peut, si la chasse n’a pas été fructueuse, continuer à chasser dans la zone indiquée sur son permis.

De plus, un résident ou un non-résident qui utilise les services d’une pourvoirie sans droits exclusifs de chasse peut également acheter un permis en tout temps ou utiliser un permis valide acheté après la date limite pour participer à une chasse. Par contre, la zone de chasse inscrite sur son permis doit correspondre à la zone où cette pourvoirie sans droits exclusifs peut offrir ses services. Après avoir chassé dans ce type de territoire, le titulaire du permis peut, si la chasse n’a pas été fructueuse, continuer à chasser dans la zone indiquée sur son permis. Par ailleurs, les permis spéciaux pour la chasse au cerf sans bois sont aussi valides pour une seule zone et uniquement pour le titulaire du permis.

La chasse est permise à partir de trente minutes avant le lever du soleil jusqu’à trente minutes après son coucher. Il est donc important de connaître ces informations en fonction de l’endroit où vous chassez. Il existe plusieurs moyens pour trouver les heures de lever et de coucher du soleil (GPS, Internet, etc.).

Si vous abattez un gros gibier, vous devez, aussitôt après l’abattage, détacher le coupon de transport de votre permis et l’apposer sur l’animal. Pas après l’avoir sorti du bois, ni après son éviscération, mais bien tout de suite après l’abattage. Dans le cas de l’orignal, le ou les coupons supplémentaires doivent être apposés sur l’animal le jour même de l’abattage. La journée se termine à minuit. Le ou les coupons supplémentaires doivent provenir du permis des chasseurs ayant participé à l’expédition de chasse au cours de laquelle l’animal a été abattu.

Quand vous abattez un gros gibier ou un dindon sauvage, vous devez enregistrer cet animal à une station d’enregistrement autorisée. Vous devez le faire dans les 48 heures qui suivent votre sortie de la forêt. Lors de l’enregistrement d’un orignal, vous devez produire l’animal en entier ou en quartier. Sachez que des particularités s’appliquent pour chaque espèce dont l’enregistrement est obligatoire. Il est donc important de vérifier la réglementation relative à l’enregistrement afin d’éviter de vous retrouver en situation d’infraction à la station d’enregistrement.

Parlons un peu du transport des armes. Il faut retenir que vous ne pouvez jamais avoir en votre possession une arme à feu chargée ou une arbalète armée dans ou sur un véhicule ou dans une remorque tirée par un véhicule. Une arme est considérée comme chargée s’il y a des cartouches dans la chambre, dans le magasin ou dans le chargeur si celui-ci est rattaché à l’arme. Bref, si des cartouches sont dans l’arme, elle est chargée. Il est aussi interdit de tirer à partir d’un véhicule pour des raisons de sécurité des personnes.

Lorsque vous transportez une arme à feu, un arc ou une arbalète dans ou sur un véhicule durant la nuit (soit ½ heure après le coucher du soleil jusqu’à ½ heure avant son lever), elle doit être entreposée dans un étui fermé et, bien sûr, non chargée. J’exerce le métier d’agent de protection de la faune depuis 34 ans et je suis toujours étonné de constater que plusieurs chasseurs d’expérience ne semblent pas connaître cette disposition de la loi. Il faut donc prévoir un étui si vous devez vous déplacer en véhicule durant la nuit, à moins que l’arme ne soit remisée dans le coffre du véhicule. Attention, un manteau ou une couverture n’est pas considéré comme un étui à arme à feu.

De plus, si vous restez dans votre cache jusqu’à la dernière minute de chasse permise, il est important de savoir que votre arme à feu doit être déchargée aussitôt que commence la nuit (½ heure après le coucher du soleil). Donc, si vous devez vous déplacer à pied pour vous rendre à votre véhicule ou à votre campement, vous devez le faire avec une arme qui n’est pas chargée. Si vous avez peur des ours ou des coyotes, je vous suggère de faire du bruit lors de vos déplacements ou de vous déplacer quand il fait encore jour.

En 2014, pour la chasse à l’orignal dans la zone 2, seule la chasse du mâle et du veau est permise. Cependant, des exceptions s’appliquent dans certains territoires comme dans la zec Chapais où seule la chasse du mâle est permise. Le chasseur doit s’assurer de la réglementation qui s’applique au territoire où il pratique son activité.

Il est de votre responsabilité de bien identifier votre gibier avant de faire feu. Ce n’est pas parce que deux orignaux sans bois, de grosseur différente, sont ensemble qu’il s’agit systématiquement d’une femelle et d’un veau. Faisons un peu d’étude comportementale des orignaux. Au printemps, quand la femelle est sur le point de mettre bas, elle délaisse son petit qui la suit depuis un an pour se consacrer à celui qui s’en vient. Par contre, si la femelle n’a pas été accouplée durant l’automne précédent, elle n’aura pas le réflexe d’abandonner son petit qui est devenu un « ado ». Celui-ci reste donc avec sa mère et la suit.

On se retrouve donc à l’automne avec une grosse femelle et un orignal adulte femelle plus petit que sa mère, mais qui n’a rien d’un veau. Si vous vous donnez la peine de regarder attentivement, vous verrez que le plus petit des deux n’a pas la forme d’un veau et que son comportement avec la grosse femelle n’est pas le même que celui d’un veau. Celui-ci est souvent collé à sa mère et lui manifeste un comportement affectueux. Un conseil, si vous n’êtes pas certain, ne tirez pas. Comme on dit : dans le doute, mieux vaut s’abstenir!

Tous les chasseurs devraient savoir ce qui suit, mais je me permets un rappel. Le même chasseur ne peut abattre plus d’un orignal. Donc, si vous voyez deux, trois ou quatre orignaux ensemble, vous ne pouvez en tuer qu’un seul, même si vous êtes plusieurs chasseurs dans votre groupe. Lorsque je rencontre des groupes de chasseurs, je répète souvent cet aspect de la réglementation et je suggère aux chasseurs d’en discuter à l’avance pour éviter que l’un d’eux ne se risque à abattre plus d’un orignal et que les autres, par solidarité, « embarquent dans le bateau » pour tenter de légaliser les bêtes en les enregistrant. Déjà là, le bateau commence à prendre l’eau et s’il coule, tout le monde coule avec.

La Protection de la faune du Québec priorise la répression de cette forme de braconnage et de nombreuses enquêtes sont menées chaque année. Ce type de délit entraîne des infractions majeures, des amendes en conséquence et l’annulation du certificat du chasseur pour une période de deux ans. Sans parler de l’obligation de suivre à nouveau tous les cours reliés à la chasse et au piégeage, le cas échéant.

Vous comprendrez que je n’ai pas fait le tour complet de la loi et de ses règlements dans cet article. J’espère cependant vous avoir fait réaliser qu’il y a beaucoup de choses à savoir avant de pratiquer la chasse. Comme il est de votre responsabilité de vous conformer à la loi, vous devez prendre les moyens pour connaître les règles qui s’appliquent. Dans cet esprit, je vous invite à consulter le site Internet du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sous l’onglet Faune à l’adresse suivante : http://www.mffp.gouv.qc.ca/faune/chasse/index.jsp  Vous y trouverez une mine de renseignements et sûrement réponse à vos questions.

Et si après avoir lu attentivement la réglementation vous avez encore une incertitude sur sa compréhension, vous pouvez obtenir de l’information en contactant le Service à la clientèle du Ministère au 1-877-346-6763 ou par courriel à : services.clientele@mffp.gouv.qc.ca

Bonne chasse!

Luc Forest
Agent de protection de la faune
Service de la protection de la faune de La Pocatière