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Place aux lecteurs: La hausse des frais de scolarité : Avis à tous ces bébés gâtés!

Je suis une jeune agricultrice de 33 ans, une contribuable et aussi, une farouche opposante à la hausse des frais de scolarité. Depuis le début du débat, j’entends dire de la part des partisans de la hausse, que les étudiants sont des bébés gâtés, puisque les frais de scolarités au Québec sont les plus bas au Canada. En effet, les frais de scolarités au Québec sont les plus bas au Canada, mais il faut savoir que l’éducation est un droit tel que le stipule l’article 40 de la charte Québécoise des droits et libertés.

D’ailleurs, le 19 mai 1976, le Canada a ratifié un pacte international (PIDESC), dans lequel il est convenu que «L’enseignement supérieur doit être rendu accessible à tous en pleine égalité […] notamment par l’instauration progressive de la gratuité». Pacte que le Québec a aussi reconnu. L’éducation n’est pas un privilège!  Le vrai privilège, c’est de vivre dans une société qui s’est donné le droit à l’éducation. Comment un pays peut-il tourner le dos à ses engagements?  Veut-on vraiment se comparer aux pires, soit le reste du Canada et les États-Unis?

Nos voisins les Américains possèdent l’un des pires coefficients de mobilité sociale. Le coefficient de mobilité sociale, c’est la capacité d’une famille d’agriculteurs, par exemple, à envoyer étudier un ou plusieurs de ses enfants en médecine. Plus ce coefficient est bas, moins cette possibilité est envisageable. Plus il est élevé, comme au Danemark, où l’éducation est complètement gratuite de la maternelle au doctorat, plus c’est fréquent de voir une telle chose. En résumé, l’accès aux études postsecondaires et l’espoir d’améliorer son sort sont directement liés au niveau des frais de scolarité.

Cette accessibilité aux études de haut niveau autorisée par le passé a permis à des milliers d’agriculteurs, de petits commerçants, de conducteurs de taxis, de couturières… de notre région et de partout au Québec, d’éduquer leurs enfants. Cette nouvelle accessibilité a permis, entre autres aux agriculteurs, de se donner une formation agricole solide pour améliorer leur sort. L’éducation n’était plus l’affaire d’une élite. Les Baby boomers se sont donné le droit à l’éducation et ont aussi profité des frais de scolarité les plus bas. De cette façon, ils ont transformé le Québec. En éduquant la très grande majorité de la population, ils ont fait croitre l’économie.

Depuis le début des années 2000, des baisses d’impôt ont été consenties, en grande partie chez les mieux nantis, ceux qui ont les moyens de payer de l’impôt (et pas trop pour la classe moyenne).

Le gouvernement s’est ainsi privé, depuis 10 ans, de 47 milliards de dollars de revenus pour laisser à ceux qui ont déjà profité des frais de scolarité les plus bas, encore plus d’argent dans leurs poches. Mais je ne vous demande pas de me croire sur parole! 

Je vous invite à aller vous informer vous-même sur internet; aujourd’hui, on trouve aisément réponse à toues nos questions, si toutefois vous avez le goût de vous en poser et/ou de vous informer. Je vous suggère de visiter ce blog où est publié un article très intéressant et extrêmement bien documenté avec tous les liens vers les documents essentiels et toutes les sources crédibles qui ont servies à sa rédaction : http://silequebec.wordpress.com/2012/02/18/les-mythes-sur-la-hausse-des-frais-de-scolarite/   Je vous invite aussi à taper sur Google : «études sur le lien entre l’éducation d’une population et sa santé» pour constater qu’investir dans l’éducation c’est aussi investir dans la santé. Recherchez aussi la charte Québécoise des droits et libertés

En terminant, j’aimerais vous rappeler qu’avec tout droit vient un devoir, sans quoi ce droit ne devient qu’un droit théorique. Et après vous être informé, je vous invite aussi à vous poser la question suivante : qui sont vraiment les bébés gâtés? 

La classe moyenne, qui trop pressée, avale le discours capitaliste plus facile à comprendre, et les chiffres soigneusement choisis pour faire pencher l’opinion publique vers la droite?  Les mieux nantis, qui ont profité des frais de scolarité les plus bas, mais qui, désormais, ne veulent plus payer d’impôts?  Ou est-ce vraiment les étudiants qui militent pour défendre une idéologie autrefois admirée?

Liliane Lavoie
Saint-Pascal