Ça dérange qu’une cinquantaine de jeunes péquistes s’interrogent à visage découvert sur la parenté entre l’autonomisme du PQ et celui de l’ADQ ?
Avant de traiter leurs arguments de juvéniles, observons quelques détails anodins tirés des affiches et des logos de l’ADQ et du PQ au moment où ils se livrent un combat très provincial dans le beau comté de Kamouraska-Témiscouata. D’abord, l’ADQ baise-fédéralisme de Gérard Deltell a changé son logo : exit la trop visible fleur de lys bleue et rouge : c’est désormais un demi-chevron insignifiant qui tient lieu de signe de ralliement…
Au PQ, idem : il faut dire que le « Q » du PQ n’a jamais inclus de fleur de lys. La nouveauté qui frappe cependant l’électeur de 2010 de plein fouet est l’absence totale d’allusion visuelle à l’identité québécoise sur les affiches du candidat de ce parti souverainiste. « Tiens donc », se dit l’électeur médusé, « de quel État, de quelle nation le PQ peut-il bien vouloir faire l’indépendance ? De la Guadeloupe ? De la Catalogne ? Du Tibet ? »
Mystère. Affichage muet très parlant, pour tout dire.
Pendant qu’à Québec on marchande son identité pour se faire élire, à Ottawa, on ne niaise pas avec la puck identitaire. J’exagère ? Devinez le signe distinctif qui orne le logo du Parti libéral de notre très beau et très grand Canada ? Une feuille d’érable rouge. Et le logo du Parti très Conservateur de l’immense O Canada ? Une feuille d’érable rouge. Et le logo du Nouveau Parti Démocratique du plusse meilleur Canada du monde ? Une feuille d’érable, mais verte. Pour plus d’informations, prière de composer le 1-800-O-Canada.
Quelqu’un, à Québec, prend les indépendantistes québécois pour des grosses valises. Et ce n’est pas le Parti libéral de la province provinciale du Québec, cette fois. Malheureusement.
Jean-François Vallée
Saint-Philippe-de-Néri
