Dans le cadre de notre projet pastoral « Ouvrir la porte sur la vie », nous avons voulu donner à nos communautés chrétiennes une occasion de prendre la parole sur des sujets qui font l’actualité. Après un premier échange sur une éventuelle charte des valeurs nous voulons récidiver sur un sujet, que nous jugeons important pour nous chrétiens : La fin de vie.
Le projet de loi 52 : loi concernant les soins de fin de vie a été un élément déclencheur de notre réflexion. Trente-six personnes ont pris part à cet exercice et ont d’abord partagé leur expérience d’accompagnement de personnes arrivées au terme de leur vie. Puis, elles se sont interrogées sur leur compréhension de la dignité de la personne, sur le sens de la vie selon l’enseignement du Christ et sur la tradition de l’Église à ce sujet.
Pour éclairer leur réflexion, elles se sont inspirées de quelques personnes-ressources qui ont publié leur vision de la dignité de la personne : Mgr Bertrand Blanchet reconnu pour la qualité de ses interventions éthiques, M. Jacques Brassard, ex-ministre et bloggeur au Journal de Québec, Mme Nathalie Elgrably, journaliste et son article : Aimer la vie, paru dans le Journal de Québec du 2 mars dernier et M. Jimmy Delalin, conseiller théologique ayant publié une réflexion dans la revue l’Église de Baie-Comeau. Mars-Avril 2014.
La souffrance fait partie de nos vies et malheureusement des personnes sont profondément atteintes dans leur corps et leur esprit au point où la qualité de vie n’existe plus sans une intervention extérieure qui les soulage. Pour nous, la réponse n’est pas dans l’euthanasie ni dans l’acharnement dit thérapeutique, mais dans un accompagnement adapté aux conditions de ces personnes. En Église, nous croyons au droit de mourir dans la dignité et non au droit de faire mourir comme élément de dignité.
La prise de conscience faite par notre groupe est à l’effet que, comme chrétiens, nous oublions de faire la promotion de la vie comme don de Dieu.
Faire la promotion d’une intervention extérieure pour mettre un terme à la vie d’une personne « ne rend pas honneur à la dignité de cette personne alors que la véritable compassion doit nous rendre sensibles à la souffrance de l’autre » (Conférence des évêques de France, mars 2011).
Nos propositions se résument dans les interventions suivantes :
– Aider la personne malade à clarifier ses dernières volontés sur sa fin de vie.
– Soulager des douleurs et de la souffrance par des soins qui reconnaissent
la dignité de la personne (soins médicaux, psychologiques, spirituels, etc.).
– Accompagner l’environnement immédiat de la personne malade par des informations sur la maladie, sur la façon de se rendre présent dans la situation de fin de vie et des besoins de l’entourage pour le malade lui-même.
– Aider la famille à prendre conscience de sa responsabilité au terme de la vie de l’un de ses membres.
Le groupe Prenons la Parole
Paroisses de Saint-Paul, Sainte-Apolline,
Sainte-Euphémie et Notre-Dame-du-Rosaire
Par Justin Picard, ptre, Paul-Aimé Laferrière d,p.
Sr Rolande Raby scsl et Jean-Pierre Després.

