Les propos suivants sont de Ms Thomas De Koninck et Luc Langlois sur la gouvernance des universités. Parus dans Le Soleil du 11 janvier 2012. Leur vision constitue un éclairage fondamental des valeurs sur lesquelles une société doit reposer. Il est déconcertant de constater qu’ils n’ont obtenu qu’un seul commentaire partial dans ce quotidien.
Pourtant, leurs propos nous livrent les assises de notre « jugement » et les raisons de nos contradictions dans nos choix. Mais ça, ils ne peuvent l’étaler. Pour les médias qui les ont ignorés, en voici un aperçu.
«… La performance à courte vue et le mirage du financement privé (des universités) ont comme conséquence […] un déséquilibre croissant au détriment de la mission de l’université, défavorisant notamment les humanités et les sciences pures au profit de domaines plus «payants».
« Les humanités, par exemple, demeurent des domaines de controverse, leur référent ultime étant la condition humaine elle-même, leur raison d’être l’épanouissement de la pensée, de l’imagination et de l’affectivité dont dépend la liberté. La littérature, l’histoire, la philosophie, la théologie, les sciences politiques — pour ne citer qu’elles — engagent en profondeur les forces de l’imagination et du raisonnement».
«… Un étudiant diplômé grâce à des habiletés techniques uniquement, sans avoir formé son jugement, n’a pas été éduqué et risque d’être un piètre citoyen. L’idéologie marchande fait croire que le système démocratique est un produit secondaire du système de libre-échange, ce que démentent assez les lourdes crises économiques et politiques actuelles. L’évolution des sociétés est déterminée par la culture avant tout, ainsi qu’en témoigne la restructuration de la vie sociale qu’opèrent les nouveaux pouvoirs de communication au niveau de l’action politique et des domaines scientifiques et commerciaux. Toute société dépend du bon jugement de ses membres que seule une culture responsable peut assurer. […]
« L’université est la «centrale» d’énergie de la liberté». Partout où l’on accepte la vision de l’artiste, le désintéressement, la distance du savant, la patience de l’enseignant, le questionnement des jeunes, l’université est à l’oeuvre dans le monde».
Tout ceci est très loin des merveilleux Nordiques et d’un absolu et divin nouveau Colisée qui nous sauvera comme société !
Marcellin C. Després
Saint-Cyrille-de-L’Islet