Tout problème comporte en soi des bienfaits qui peuvent enrichir nos vies. En suivant le débat entourant l’urgence médicale à Saint-Jean-Port-Joli, je constate que le problème a suscité réflexion et créativité. Le plan d’action suggéré en témoigne du moins sur papier. Que sera la réalité dans un an?
Ne sommes-nous pas un peu trop dépendants du pouvoir médical?
Si l’Assemblée nationale du Québec a été capable d’adopter des lois spéciales de retour au travail pour les enseignants, pour les employés de l’État, pour les procureurs et les juristes, qu’est-ce qui empêche ce même gouvernement d’adopter une loi qui répartit le budget pour les services médicaux, par territoire de MRC, au prorata de la population de ce territoire?
Ou encore, qu’est-ce qui empêche ce gouvernement de modifier le mode de rémunération des médecins à savoir que la rémunération des médecins augmente au fur et à mesure que le nombre de consultations diminue, bien sûr avec un plancher et un plafond?
Qu’est-ce qui empêche notre gouvernement d’établir des règles qui font en sorte que certains actes soient délégués à du personnel infirmier, ce qui dégagerait du temps pour les médecins? (…)
Dans le champ des services sociaux et de la santé, n’y a-t-il pas une logique qui dicte que les services soient organisés et structurés en fonction des besoins de la population et non en fonction d’une catégorie de professionnels?
Présentement, les gestionnaires du réseau de la santé et des services sociaux tentent d’appliquer des méthodes de gestion appliquées dans l’industrie manufacturière, ou les statistiques, l’efficacité, l’efficience, le rendement sont à l’honneur. Or, quand nous travaillons avec des humains, c’est un peu plus complexe et un peu moins tranché. (…)
Sur le territoire de la MRC de L’Islet, nous retrouvons des acupuncteurs, des chiropraticiens, des nutritionnistes, des travailleurs sociaux, des ergothérapeutes, des psychologues, des homéopathes et j’en passe.
Depuis quand les médecins sont les seuls professionnels à détenir les connaissances et les habiletés requises pour nous accompagner dans notre parcours de vie en santé? Si la formule coopérative a servi la population pour garder des médecins dans certains territoires, est-ce que la même formule ne pourrait pas être utilisée pour regrouper les autres professionnels de la santé et rendre leurs services plus accessibles? (…)
En terminant, pouvons-nous imaginer que les vraies solutions se trouvent peut-être en dehors des cadres et des normes établies?
Henri Bélanger
Saint-Jean-Port-Joli