Société d’État, école nationale sous l’administration du Cégep de La Pocatière, statu quo, plus personne ne semble s’entendre sur l’avenir de l’ITA — Campus de La Pocatière. Une semaine après l’envoi d’une lettre au premier ministre Philippe Couillard sur la question, tous demandent d’être rassemblés autour de la même table pour discuter des scénarios possibles.
La semaine dernière, le député de Côte-du-Sud, M. Norbert Morin, annonçait sur les ondes de la radio CHOX-FM qu’à la suite d’une rencontre avec les trois élus signataires de la lettre au premier ministre Philippe Couillard (Yvon Soucy, Sylvain Hudon, Rosaire Ouellet), une entente avait été convenue entre eux pour que l’Institut de technologie agroalimentaire devienne une société d’État qui relèverait du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ). Selon M. Morin, cette société d’État serait dirigée par un conseil d’administration où les membres seraient nommés par le gouvernement et proviendraient du milieu agricole. « Si j’avance ça, c’est parce que je me suis assuré au préalable que le ministre est d’accord avec cette recommandation issue du rapport Pronovost de 2008 », d’expliquer le député.
« Si j’avance ça, c’est parce que je me suis assuré au préalable que le ministre est d’accord avec cette recommandation issue du rapport Pronovost de 2008 », d’expliquer le député.
Cette société d’État regrouperait-elle également l’ITA de Saint-Hyacinthe et est-ce que les deux établissements partageraient la même direction générale? M. Morin laisse place à la meilleure solution possible, mais espère le plus d’indépendance possible pour le campus de La Pocatière. Il mentionnait également être convaincu que le ministre travaillait actuellement sur un projet de loi.
Contradiction
Aux dires de Rosaire Ouellet, maire de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, ancien directeur de l’ITA — Campus de La Pocatière et un des trois cosignataires de la lettre au premier ministre, ce qui a été avancé par le député Norbert Morin ne serait pas ce qui a été convenu lors de la rencontre. « Nous avons dit à M. Morin que ça faisait partie des solutions possibles, à même titre qu’un modèle de regroupement entre l’ITA et le Cégep de La Pocatière », modèle qui a clairement été écarté par Norbert Morin. « Si le gouvernement veut aller de l’avant avec une société d’État, qu’il dépose son projet de loi et nous on ira se faire entendre en commission parlementaire. On aurait aimé se faire entendre par le ministre au préalable, mais on attend une rencontre avec lui depuis deux ans », d’ajouter M. Ouellet.
Déception
Au Cégep de La Pocatière, la directrice générale, Mme Marie-Claude Deschênes, ne cachait pas sa déception devant la sortie du député de Côte-du-Sud. « On a appris la nouvelle en même temps que les auditeurs de la radio, alors qu’on avait formulé à plusieurs reprises auprès de M. Morin notre désir que le Cégep fasse partie des discussions », confiait-elle.
Rappelons que suite au passage de la ministre responsable de l’Enseignement supérieur du Québec, Hélène David, en août dernier, le Cégep de La Pocatière avait à son tour préparé un mémoire dans lequel il était suggéré un regroupement administratif avec l’ITA — Campus de La Pocatière, qui aurait bénéficié d’un statut d’école nationale, à même titre que l’Institut maritime du Québec rattaché au Cégep de Rimouski. « On ne prétendait pas avoir la science infuse, mais on aurait aimé faire partie de la solution. On a toujours souhaité quelque chose de positif pour notre voisin et on va continuer de lui tendre la main. La décision appartient au ministre Pierre Paradis (MAPAQ) et nous la respecterons. »
Statu quo
Pour l’UPA du Bas-Saint-Laurent, aucun des modèles actuellement proposés ne semble convenir à l’organisation syndicale. « On a de la difficulté à savoir où M. Morin veut s’en aller avec son idée de société d’État. En ce qui concerne le regroupement avec le Cégep, on se demande si c’est une question de financement qui justifie cette proposition-là », de déclarer Gilbert Marquis, président, avant d’ajouter : « L’ITA fonctionne très bien. Depuis deux ans, il y a une augmentation du nombre d’inscriptions et Norbert Morin nous a assuré que ça ne fermerait pas. »
C’est pourquoi une résolution réclamant le statu quo pour l’institution, auprès du MAPAQ, a été formulée lors de la dernière assemblée générale annuelle tenue le 7 novembre dernier. Néanmoins, Gilbert Marquis réitérait son désir que l’UPA soit invitée à la table des discussions avant qu’une décision officielle ne soit prise concernant le statut de l’ITA.

