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Première école d’agriculture en vente : une mobilisation du milieu s’impose

Suite à la mise en vente de la première école d’agriculture au Canada, les différents acteurs approchés par la propriétaire, Mme Francine Leclerc, en vue de racheter la maison pour qu’elle retourne au domaine public, croient qu’une volonté du milieu est nécessaire avant d’aller de l’avant avec pareil projet.

Avant de mettre sa maison en vente, Mme Leclerc avait fait plusieurs démarches auprès de différents ministères et élus dans le but de communiquer son intention de vendre, mais surtout pour partager son souhait de voir ce lieu patrimonial et historique retourner au domaine public. Parmi les quelques accusés réception qu’elle a reçus, il y avait l’ancien député fédéral François Lapointe qui aurait souhaité inscrire l’acquisition du bâtiment dans le programme entourant les festivités du 150e anniversaire du Canada, en 2017. Toutefois, Mme Leclerc mentionnait ne pas avoir eu de nouvelles de cette proposition au lendemain de la défaite de M. Lapointe, lors de l’élection fédérale de 2015.

Contacté à ce propos, le nouveau député fédéral de la circonscription de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup, Bernard Généreux, mentionnait que cette acquisition était impossible, puisque le programme en question était orienté vers les célébrations et non vers les infrastructures. Selon lui, dans ce genre de dossier, la volonté du milieu doit dépasser celle de la propriétaire. « Pour qu’un projet comme celui-là se concrétise, ça prendrait une mobilisation régionale pour reconnaître la maison monument national. Il y aurait peut-être eu quelque chose à faire au moment des fêtes du 150e anniversaire de l’enseignement agricole (2009), mais Mme Leclerc n’était peut-être pas prête à vendre à ce moment-là non plus », de mentionner M. Généreux.

Un musée?

Du côté du Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation, le directeur général, Luc St-Amand, avouait que la première école d’agriculture avait été envisagée pour y reloger le Musée. « C’était un des lieux ciblés dans toute notre réflexion entourant le déménagement du musée. L’emplacement est déjà meilleur que ce que nous avons actuellement et l’histoire de la maison fait du sens avec notre vocation. Malheureusement, le bâtiment ne pouvait répondre à nos grands besoins d’espace », confiait-il.

Avec de gros projets sur la planche à dessin pour les prochaines années, dont la construction d’un nouveau bâtiment, le Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation n’a pas l’intention d’être porteur de dossier pour réaliser un projet dans l’ancienne école d’agriculture. « Par contre, on serait ouvert à collaborer à un projet d’interprétation ou une exposition, si on était sollicité par un promoteur », d’ajouter le directeur.

Réaction de la ville

À La Pocatière, le maire Sylvain Hudon confirmait que le directeur général de la ville, M. Daniel Chabot, avait bel et bien visité la maison après avoir été interpellé par la propriétaire. Toutefois, en réaction aux suggestions de projets que Mme Leclerc aurait aimé voir se réaliser dans la maison, M. Hudon a fait preuve de prudence. « Il y a des solutions abordées qui ne peuvent juste ne pas se réaliser. La Maison du Kamouraska, par exemple, le projet est déjà déposé au gouvernement et on attend des réponses. Et pour en faire un lieu de culture, il faut faire attention pour ne pas dédoubler déjà ce qu’il y a en place à La Pocatière. On n’a pas une population de 50 000 habitants non plus », de mentionner le maire.

Néanmoins, M. Hudon a tenu à souligner la qualité de l’entretien réalisé par Mme Leclerc sur sa demeure. De plus, il a tenu à se montrer rassurant dans le contexte actuel de la vente. « On a un règlement anti-démolition à La Pocatière, donc personne ne pourrait acheter la maison et la jeter à terre sans le justifier auprès de la ville », concluait-il.