Proposition de la Commission Robillard en agriculture: « C’est la panique dans les champs » – le président de l’UPA du Bas-Saint-Laurent

CÔTE-DU-SUD – La proposition de la Commission Robillard de couper le Programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA) sème la panique chez les agriculteurs.

C’est du moins ce qu’affirme le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA) du Bas-Saint-Laurent, M. Gilbert Marquis. « Quand j’ai entendu ça, les bras m’ont encore tombé et ma pression a augmenté ». Ce dernier ne comprend pas pourquoi on s’attaque à ce modèle bon depuis 1975, selon lui. « Couper l’ASRA signifie la fermeture de plusieurs entreprises. Mon téléphone n’arrête pas de sonner depuis que cette information est sortie. C’est la panique dans les champs ».

Rappelons que la présidente de la Commission de révision permanente des programmes, Lucienne Robillard, suggérait la semaine dernière au gouvernement la transformation de l’ASRA, administré par la Financière agricole, en un véritable programme d’assurance et de mettre ainsi fin au financement du programme actuel.

Chiffres à l’appui

Selon Paul Doyon, président de l’UPA de Chaudière-Appalaches, le programme souffre de préjugés. « Les vérificateurs généraux peuvent bien dire que ça masque les signaux du marché, mais dans la vraie vie ce n’est pas le cas. Couper l’ASRA, ce n’est pas couper à la bonne place ».

Il appuie sa réflexion de chiffres : « C’est simpliste de comparer l’ASRA à une assurance accident. L’ASRA, c’est un investissement. Le gouvernement y injecte peut-être 600 M$, mais l’ensemble des paliers de gouvernements retire 4,5 G$ par année en taxes et en impôts du secteur de la production et de la transformation agroalimentaire québécoise. Je connais peu de placements qui soient aussi rentables et profitables aux régions et à l’ensemble des Québécois que celui-là ces années-ci », de poursuivre M. Doyon.

Des réponses bientôt

Le ministre de l’Agriculture Pierre Paradis ne s’est pas montré très chaud à l’idée de la commission Robillard. « Il s’est montré assez rassurant et rapide à répondre », soulignait Paul Doyon. « Il dit qu’il n’est pas très chaud à l’idée, mais on verra », affirme pour sa part Gilbert Marquis.

Des questions et surtout des réponses sont attendues lors du Congrès annuel de l’UPA du 2 au 4 décembre à Québec.