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Semaine nationale du rein : Jacques Mayer entre une greffe ou la dialyse

SAINT-PACÔME – Depuis sept ans, M. Jacques Mayer de Saint-Pacôme est atteint d’insuffisance rénale chronique, ce qui l’oblige, entre autres, à se plier à une diète sévère et compliquée afin de retarder l’évolution de sa maladie. D’ici quelques mois, il aura besoin de traitements en dialyse, à moins qu’une greffe ne lui soit offerte. Le cas échéant, c’est à Rimouski ou dans la région de Québec qu’il devra se rendre pour obtenir ce genre de traitement, et ce, en raison de trois à cinq fois semaine.

La maladie de M. Mayer a été diagnostiquée à la suite d’un examen de routine. Dans son cas, elle est consécutive à la prise d’anti-inflammatoires pour traiter un autre problème de santé. Pour d’autres personnes, dit-il, elle pourrait être de cause héréditaire, due à l’hypertension ou apparaître à la suite d’un problème de diabète lié à l’obésité.

C’est d’ailleurs le diabète qui demeure la cause la plus importante d’insuffisance rénale. Se basant sur les données de 2005, le directeur général du Centre de santé et services sociaux du Kamouraska, M. Michel Beaulieu, note que près de la moitié des cas sont liés au diabète. Les maladies cardiaques arrivent en 2e place avec 35,7 % des cas.

Greffe

Même si le patient peut obtenir des soins de dialyse, la greffe demeure la solution pour lui assurer une meilleure qualité de vie, note M. Beaulieu. D’où l’importance, en cette Semaine nationale du rein, souligne Jacques Mayer, d’inviter les gens à faire un don d’organe à leur décès.

En 2005, ajoute Michel Beaulieu, 250 personnes ont reçu une greffe au Québec. Il précise que 224 personnes ont reçu un rein, 12 personnes ont reçu deux reins et pour 14 cas, la greffe de rein était jumelée avec celle d’un autre organe. À défaut d’obtenir une greffe, la solution de rechange est d’obtenir des services de dialyse.

Deux types de dialyse

M. Mayer explique que deux types de dialyse sont offerts aux patients : l’hémodialyse et la péritonéale. Il dit que 85 % des personnes atteintes sont traitées en hémodialyse. « Elle nécessite un appareil de la taille d’un réfrigérateur », ajoute M. Mayer. Là encore, 85 % des personnes qui reçoivent ce traitement doivent se rendre jusqu’à cinq fois par semaine dans un centre de dialyse. La péritonéale, elle, se fait généralement à domicile à l’aide d’un appareil portatif. Toutefois, elle n’est possible que pour 15 % des personnes atteintes, dit-il.

Avec le vieillissement de la population, les cas d’insuffisance rénale progressent et plusieurs personnes auront, à plus ou moins long terme, besoin de services en dialyse. Toujours selon les chiffres de 2005, 34 % des cas se retrouve chez les 45-64 ans, 29 % chez les 75 ans, et plus et 26 % chez les 65 à 74 ans, précise M. Michel Beaulieu.

Rimouski

Selon Jacques Mayer, malgré la présence d’hôpitaux à Montmagny, La Pocatière et Rivière-du-Loup, le seul endroit dans le Bas-Saint-Laurent où les personnes atteintes peuvent se faire traiter en dialyse est Rimouski. « Selon les normes, une personne dialysée ne devrait pas se déplacer plus qu’à 50 km de chez elle », dit-il. Rimouski est à plus de 200 km de chez lui.
Souvent, explique M. Mayer, « les patients sont fatigués à la suite du traitement de plus de cinq heures. Ils doivent se taper la route, sans compter les risques de tempêtes de neige. Ils doivent toujours être accompagnés. » M. Mayer dit qu’il ne veut pas imposer à son épouse de devoir faire ces allers-retours à Rimouski. Devra-t-il déménager dans la région de Québec pour éviter ces déplacements?

Un centre plus près

Jacques Mayer souhaite l’implantation d’un centre de dialyse dans l’un des trois hôpitaux régionaux. Les coûts pour obtenir un service d’hémodialyse ne sont pas si énormes qu’on pourrait le penser, selon M. Mayer. De plus, ajoute-t-il, une fois la machine installée, il suffit d’avoir quelques infirmières ou techniciens formés pour la faire fonctionner. « D’ailleurs, des personnes qui ont la formation et qui acceptent d’acheter un appareil peuvent le faire fonctionner à domicile », soutient M. Mayer.

Président de la Fondation de l’hôpital Notre-Dame-de-Fatima, le Dr Gaétan Lévesque est conscient qu’il n’est pas simple pour un patient de devoir parcourir des centaines de kilomètres pour être traité. Bonne nouvelle pour les personnes atteintes, une unité de dialyse pourrait voir le jour au Centre hospitalier de Rivière-du-Loup, dit-il. Elle serait rattachée à celui de Rimouski.

L’Agence de santé et services sociaux du Bas-Saint-Laurent confirme qu’un tel projet est sur la table. On parle de 18 mois, environ, pour la mise en place de ce service.

Un travail admirable

Jacques Mayer veut souligner l’excellent travail réalisé par le personnel soignant de l’Hôpital Notre-Dame-de-Fatima où il reçoit des soins de suivi depuis les sept dernières années. « Ces personnes font un travail admirable et je les remercie », insiste-t-il.

Essentiellement, ce que Jacques Mayer veut démontrer c’est qu’il y a un vide géographique pour les services destinés aux personnes atteintes d’insuffisance rénale.

Jacques Mayer invite les lecteurs à consulter son blogue à l’adresse : http://lerenalien.blogspot.com/