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Spotted LaPocatière : plus qu’un entremetteur

Parce qu’il a sûrement contribué à mettre en relation plusieurs personnes qui ne se connaissaient pas à partir d’une simple déclaration anonyme envoyée via sa page Facebook, Spotted LaPocatière pourrait être perçu comme l’entremetteur typique de l’ère 3.0. Mais deux ans après sa création, le gestionnaire de la page se voit plutôt comme un « service public ».

À l’image du maître du Loft dans Loft Story, dont l’identité n’a jamais été révélée, le gestionnaire de Spotted LaPocatière a préféré conserver l’anonymat. Mais ici s’arrêtent les comparaisons, même si les deux ont joué aux entremetteurs dans leur fonction respective.

Néanmoins, nous nous sommes bel et bien rencontrés en personne, au Café Bonté Divine de La Pocatière, le mercredi 24 août dernier en après-midi.

« L’anonymat me permet d’être juste avec tout le monde. Que je sois ami ou non avec la personne qui me contacte, j’agis toujours en toute neutralité », déclarait-il, avant d’ajouter que quelques personnes à peine connaissent son identité. Et maintenant ceux qui nous auront vus ensemble cet après-midi-là…

Gestionnaire multiple

Habitant La Pocatière et travaillant dans le milieu agricole kamouraskois, le gestionnaire administre pas moins de quatre pages Spotted, dont celle de La Pocatière et… Rivière-du-Loup. « Quand j’ai appris la fermeture de la page de Rivière-du-Loup, j’ai décidé de la relancer, voyant l’intérêt des fans envers elle », racontait-il, me montrant son accès à la section administrateur de la page sur son téléphone intelligent, en guise de preuve.

Cette dernière est actuellement suivie par plus de 11 400 personnes, soit quatre fois plus que Spotted LaPocatière, à 2860 membres. « Nous sommes une équipe de cinq à nous occuper des quatre pages Spotted (La Pocatière, Rivière-du-Loup, Logements Bas-Saint-Laurent, Emplois Bas-Saint-Laurent). Pour Rivière-du-Loup seulement, nous sommes trois. La Pocatière, je m’en occupe seul », d’indiquer celui qui assure être au sommet de la hiérarchie de ce regroupement d’administrateurs clandestins.

Journée type

En moyenne, le gestionnaire de Spotted LaPocatière dit recevoir un minimum de 15 messages par jour pour l’ensemble de ses quatre pages. L’équipe complète peut mettre jusqu’à 3 h dans la journée pour la gestion de l’ensemble des pages. « Pour La Pocatière, ça peut me prendre 45 min, quand ça va bien. »

Bien aller, dans l’univers Spotted, signifie ne pas trop faire de modération. « On n’accepte aucune insulte envers les personnes ou les entreprises et la vente est interdite sur la page. Mais dans l’ensemble, La Pocatière reste plus facile à modérer que Rivière-du-Loup. Les gens sont beaucoup plus compréhensifs quand on leur dit que c’est hors-norme ou inacceptable ce qu’ils ont écrit », confiait-il.

Service public?

À l’origine lieu de partage des utilisateurs à la recherche du nom d’une personne qu’ils ont rencontré dans un lieu public, Spotted LaPocatière a évolué pour devenir davantage un « service public », selon son fondateur. « On partage des annonces d’animaux perdus, d’appartements à louer, des réflexions sur la politique municipale, des conseils et des suggestions pour les gens du milieu commercial. C’est très vaste et c’est ce qui nous distingue d’autres pages Spotted. »

À moyen terme, l’administrateur de Spotted LaPocatière n’a pas l’intention de passer les rennes. Il aimerait peut-être déléguer davantage auprès de personnes de confiance, comme à Rivière-du-Loup, mais il n’a aucunement l’intention de fermer la page. « La portée des publications est très bonne et j’aimerais atteindre 3000 membres à court terme. Et pourquoi pas faire des concours avec les entreprises du milieu et remettre des cartes-cadeaux ou des entrées gratuites? On l’a fait à Rivière-du-Loup et on a obtenu de très bons résultats. »