Publicité

Triomphe de Trump : La fin de la politique traditionnelle?

L’élection de Donald Trump a été reçue telle une onde de choc. Peu de gens avaient prédit ce résultat. Le jour même de l’élection, le réseau CNN accordait 90 % des chances à Hillary Clinton de gagner, le NY Times, 80 %. Le fameux quatrième pouvoir doit faire un mea culpa. Votre chroniqueur aussi…

Comment expliquer que l’appui à Donald Trump ait pu passer sous le radar des maisons de sondages et analystes politiques? Plusieurs éléments ont été sous-évalués : le désir de changement après huit ans de présidence démocrate, une lassitude des électeurs de revenir avec une autre Clinton, une colère de la classe moyenne américaine qui peine à sortir de la crise économique (malgré un taux de chômage autour de 6 %, les salaires sont bas et plusieurs ainés doivent travailler en raison de revenus de retraite insuffisants). Les États industriels ont peiné afin de passer au travers des dernières années et entrevoient des années difficiles.

Également, un candidat, certes controversé, mais incarnant totalement ce ras-le-bol dans ses coups de gueule et dans un slogan simple, mais accrocheur : « Make America Great Again ».

Autre élément à ne pas négliger : une analyse préliminaire démontre que les sympathisants républicains se sont rangés derrière Donald Trump à une hauteur de 90 %. C’est un résultat comparable à ce qu’ont obtenu les précédents candidats présidentiels républicains. L’organisation républicaine a peu travaillé en faveur du candidat Trump, mais sur le terrain, les militants républicains de la base, eux, l’ont soutenu.

Brexit

Cet été, nous avions connu une surprise comparable avec le Brexit au Royaume-Uni : un vote de droite s’exprimant discrètement en public, mais qui, le jour de l’élection, se prononce clairement dans les urnes. Cette tendance a échappé aux maisons de sondage. Le prochain test électoral se déroulera en France ce printemps avec une candidate présidentielle non conventionnelle, Marine Le Pen du Front national, qui se classe actuellement deuxième dans les sondages. Y aura-t-il le même phénomène de rejet de la classe politique traditionnelle en France?

Entrée en poste

Quelle est la suite des événements aux États-Unis? Trump devra attendre son assermentation le 20 janvier 2017 à Washington avant de prendre officiellement les rênes du gouvernement américain. À ce moment, fera-t-il tout ce qu’il a annoncé : construire un mur entre le Mexique et les États-Unis, abolir l’Obamacare, expulser les musulmans, nommer un juge ultraconservateur à la cour Suprême, viser une croissance économique de 4 %, pulvériser le Groupe État islamique en les bombardant, ou même lancer une enquête criminelle contre « Crooked » Hillary?

Dans l’équation, il faut ajouter que le Congrès est à majorité républicaine. Donald Trump retrouvera sur son chemin ceux-là mêmes qui l’ont abandonné en pleine campagne électorale. Comment se structurera cette collaboration particulière?

La nomination de son cabinet présidentiel sera aussi à surveiller : qui sera nommé aux Affaires extérieures? Aux Finances? À l’Environnement (« les changements climatiques sont une invention des Chinois : tweet de 2012 de Donald Trump)? À la Justice?

À ce moment, nous aurons une idée plus précise de la philosophie qu’il entend prendre en tant que Président des États-Unis.

Par Éric Ouellet.