Dans la première moitié du XXe siècle, plusieurs auteurs et hommes politiques valorisent le monde rural et l’agriculture. Les missionnaires-colonisateurs l’on fait à leur manière dans les années précédentes, mais cette fois-ci ce sont des laïcs et des professionnels de l’agronomie qui prennent la relève. Natif de Saint-Philippe-de-Néri, Georges Bouchard est l’un d’eux.
Après ses études en agronomie, Georges Bouchard embrasse une carrière de professeur à l’école d’agriculture de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Pour faire apprécier le monde rural à la population canadienne-française, il publie en 1917, Premières semailles, un livre parsemé de courts textes décrivant les bienfaits de la vie paysanne. En 1926, il publie Vieilles choses, vieilles gens, qui utilise le même mode d’emploi. Cet opuscule connaît un certain succès puisqu’il est réédité à plusieurs reprises.
Afin de promouvoir l’agriculture et sa région, Georges Bouchard brigue les suffrages et il est élu sans opposition dans Kamouraska en 1922. Il conserve son siège dans ce comté fédéral jusqu’en 1940. Nommé sous-ministre de l’agriculture à Ottawa, il assume cette fonction jusqu’en 1955. Entre temps, Georges Bouchard multiplie les démarches pour promouvoir la ruralisation de la province de Québec. Il vise principalement les femmes et en 1915, il contribue à mettre sur pied avec Alphonse Désilets les premiers Cercles des fermières.
Georges Bouchard est un visionnaire. Il participe à une série de causeries à l’antenne de Radio-Canada connue sous le nom de Réveil rural. En fondant en 1938 la station de radio CHGB de La Pocatière, qui dans ses lettres d’appel reprendrait les initiales de son nom, il souhaite que ce média contribue à l’exaltation du monde rural. En raison de son implication dans le secteur de l’agriculture, Georges Bouchard recevra la médaille des Noces d’argent du Mérite agricole. Aujourd’hui, le fonds d’archives de Georges Bouchard, conservé aux Archives de la Côte-du-Sud et du collège Sainte-Anne, rappelle le rôle important de ce travailleur infatigable.
Par Yves Hébert.
