J’ai assisté, moi aussi, à la séance du conseil du 3 mai dernier, mais ce que j’y ai vu et, surtout, entendu est fort différent de ce que vous avez retenu, Mme Marie-Andrée Lévesque.
Vous voguez en plein populisme en mettant plein cap sur la démagogie. Que les citoyens soient en mesure de poser des questions et d’obtenir des réponses adéquates, fort bien. Une saine démocratie ne peut fonctionner sans participation citoyenne. Cependant, cette participation doit se faire dans le respect, sans les procès d’intention, les insultes, les injures et l’emploi de locutions langagières blessantes et, surtout, sans ne jamais oublier le vieil adage : « la colère est toujours mauvaise conseillère ». Quatre personnes ont défilé à la direction générale en 29 mois et vous criez au loup. Examinons attentivement la situation et tentons de réfléchir un tant soit peu sans parti pris.
Au moment de la passation des pouvoirs, nous sommes en novembre 2013. Nous savons que l’administration sortante est à couteaux tirés avec son directeur général. Quelques mois plus tard, la nouvelle administration en arrive à une entente négociée avec le d.g. Cet homme cumulait plus de cinq années d’ancienneté à ce poste et jouissait, comme tous les d.g. en poste, de la protection de l’ADMQ. Une entente négociée devenait dès lors incontournable. En s’inspirant de ce qui s’était fait dans d’autres municipalités ayant eu à faire face à une problématique similaire, le conseil en est arrivé à très bien ficeler ce contentieux et cela dans les meilleurs intérêts de la municipalité. Cette situation, dois-je vous le rappeler, a été héritée de l’ancienne administration. Pourtant, l’ancien maire qui disposait d’une majorité au conseil aurait été en mesure de procéder dans le même sens, mais il ne l’a pas fait. Pourquoi? Je ne sais pas. Ce que je sais cependant, c’est que nous étions en eau trouble.
Parlons de M. Bernard Déraps maintenant. Il a passé quelques mois à analyser la situation. Qu’a-t-il découvert? Une dette monstrueuse, des pratiques comptables et administratives désuètes, une importante faiblesse organisationnelle dans le fonctionnement du bureau municipal et du laxisme dans les relations avec les entrepreneurs, entre autres. De plus, et à mon humble avis, c’est la goutte qui a fait déborder le vase, il a découvert que des projets n’étaient pas fermés, treize projets au total, et que certains montants de ces subventions obtenues non déboursés pour les projets prévus avaient été affectés à autre chose que ce pourquoi elles avaient été accordées. Il est ici le coup de massue. Il fallait rembourser tous ces montants au gouvernement. Il a écrit, en annonçant son départ, que l’administration municipale accusait un retard de vingt ans. Je crois qu’il ne croyait plus en un possible renversement de situation.
Dans le cas de M. Côté, je n’ai pas le loisir de commenter puisque l’affaire est devant les tribunaux.
Nous entrons maintenant dans le vif du sujet, le départ, par démission, de Mme Linda Pelletier. Tout au long de ma vie, mes expériences de travail, autant civiles que militaires, m’ont appris que ce n’est jamais une bonne idée d’essayer de retenir une personne qui a manifesté le désir de partir. Comme vous, je voyais la venue de cette dame comme la perle rare dont nous avions besoin. Elle possédait un bon amalgame d’expériences et de connaissances. Mais que voulez-vous, nous parlons ici d’une personne libre de prendre ses décisions. Vous vouliez connaître les raisons de son départ, pourquoi ne pas le lui avoir demandé? Vous étiez plusieurs à être profondément préoccupés par l’annonce de sa démission, mais personne, personne ne s’est adressé à elle. Un citoyen peut, en tout temps, poser une question à la directrice générale, vous savez cela. Et, a fortiori, elle n’avait pas la contrainte de la confidentialité que devait respecter la mairesse. Voyez-vous, et c’est là mon hypothèse, je ne crois pas que c’est la recherche de la vérité qui vous anime. Je crois que c’est la destruction, par tous les moyens, tous azimuts, du conseil actuel. J’ai appris, de source sûre, quelques heures avant la séance du conseil, que la conseillère Desroches avait fait parvenir à un « public ciblé » un courriel incitant les gens à venir au conseil. Cette démarche n’est pas condamnable en soi, mais le ton permet de comprendre l’objectif souhaité.
Non, nous n’avons pas assisté à la même séance du conseil. J’avais pris soin de prendre un siège sur la dernière rangée pour ne rien manquer des interventions, mais surtout de la gestuelle, tellement révélatrice. L’intervention d’une citoyenne, qui demandait à la mairesse s’il lui arrivait de faire des remises en question, vous en faites état dans votre texte : cette intervention était une véritable agression, tout y était et la gestuelle nous laissait sans équivoque.
Ce qui m’a sidéré, et je dirais même médusé, en vous lisant, c’est que vous ayez passé sous silence l’atmosphère qui régnait dans cette salle. L’odeur du mépris et de la haine vous n’avez point senti? Le langage utilisé, les attaques personnelles, vous n’avez point entendus? Cette séance du conseil fut savamment orchestrée pour faire mal. Nous avions même un pseudo-régisseur pour déclencher les applaudissements! Une séance de lynchage en quelque sorte, de là mon allusion aux machettes durant ma courte intervention.
Je m’en voudrais de ne pas vous entretenir de notre bibliothèque et de la supposée baisse de 27 %. Encore une fois, le jupon populiste est plus long que la robe madame. Il dépasse et révèle vos couleurs. Voici les chiffres réels provenant du rapport annuel 2013-14 : 4 440 prêts et du rapport annuel 2014-15 : 4 178 prêts. Pour être clairs, nous avons ici une baisse de 9,4 %. Veuillez noter, au passage, que les exercices se terminent le 31 mars de chaque année. Incidemment, l’équipe des 14 démissionnaires était en poste pendant cette période, la démission en bloc ayant eu lieu en mai 2015. Les chiffres 2015-16 seront disponibles à l’AGA qui se tiendra le 28 mai 2016. Par conséquent, il serait judicieux d’attendre avant de tirer des conclusions erronées. Alors ici la situation ne peut être plus claire : vous répandez des faussetés : « le pire résultat en onze ans » blablabla. Le faites-vous sciemment? Je dois vous avouer, encore là c’est mon hypothèse, que cela s’insère à merveille dans l’élan populiste qui souffle dans vos voiles.
J’ose espérer que vous serez en mesure de constater que tout n’est pas simple. Vous auriez tellement voulu arriver à démontrer que la mairesse est responsable de tout ce qui ne tourne pas rond dans notre beau village. Moi, vous auriez réussi à me déboulonner, jamais je n’accepterai de subir pareil traitement. Voilà pourquoi j’ai tenu à souligner son courage. Il en faut pour subir un tel niveau de mesquinerie.
Je terminerai en vous citant madame, à la fin de 2013, alors que vous écriviez : « ce n’est pas parce qu’on est écœuré qu’on a le droit d’être écœurants ».
Pierre Lachaine
Saint-Pacôme
