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Un Brulois donne au suivant en terre guatémaltèque – texte 4admin20150329

Comment fait-on pour devenir une meilleure personne? Êtes-vous capable de répondre à cette question? Après la Bosnie en 1993, la Croatie en 1995, Haïti en 1997 et à nouveau la Bosnie en 2002, aujourd’hui je peux vous dire que je ne me suis jamais senti aussi utile auprès d’une population. Aucune règle d’engagement ne m’empêche d’agir auprès des gens dans le besoin comme j’ai connu dans mes missions durant mon service militaire. Aucune loi politique ne me dicte de ne pas agir avec mon cœur, selon mon désir pour venir en aide à la population. Je suis en train de guérir la plaie provoquée par l’indifférence des valeurs humaines qui m’ont été imposées lors de mes missions avec les Nations unies.  

Un homme de 44 ans du nom de Auguste a dû être amputé des deux jambes il y a 3 ans suite à un diabète non contrôlé. Un homme pauvre n’ayant plus aucun moyen de gagner sa vie, sans aucun service d’aide sociale, vit aux dépens des autres en mettant son égo d’homme de côté. 
Il réussit à se déplacer sur une planche à roulettes carrée en utilisant deux poignées de bois pour se pousser vers l’avant avec ses mains. En respectant les principes fondamentaux de CASIRA, on lui a remis un fauteuil roulant électrique pour lui redonner un peu d’autonomie. J’ai vécu un moment mémorable de voir cet homme heureux. C’est comme si on lui avait redonné le goût de vivre.

Je ne suis vraiment pas le seul à vouloir venir ici pour donner à cette population. Un groupe d’étudiants de 16 personnes plus quatre accompagnateurs de l’école des Appalaches a Ste-Justine y sont venu 16 jours pour aider au chantier Hoggar Shalom. Ils ont pris une semaine de vacances, plus leur semaine de relâche, pour supporter la construction de deux nouvelles salles de classe à l’orphelinat. Après avoir fait une collecte de fonds avec un souper spaghetti, une vente de dessert, en emballant l’épicerie chez maxi, quelques petits commanditaires en milieu commercial, et en ramassant des bouteilles vides, ces étudiants de secondaires 4 et 5 se souviendront probablement toute leur vie qu’il y a des gens qui vivent vraiment dans des conditions difficiles. J’ai eu la chance de les accompagner dans les deux sorties culturelles de fin de semaine, soit au lac Atitlan et en escaladant le volcan Pacaya et j’ai été impressionné de voir la détermination de ses jeunes adultes.

Derrière tout le travail que l’on accomplit ici il y a beaucoup de travail administratif. Une équipe dévouée de quelques personnes qui ont comme objectif de supporter les supporteurs. Il y a un comptable, une cuisinière, un chauffeur, un administrateur qui s’occupe des arrivées et départs et bien sûr le fondateur de CASIRA le padre Roger Fortin. J’ai toujours dit que des plans c’était pour être changés. Je suis arrivé ici dans le but d’aider la population, ce que j’ai fait les six premières semaines. Dans tout ce que j’ai entrepris dans ma vie, j’ai toujours eu de l’ambition et ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer. J’occupe donc de façon bénévole jusqu’à mon retour au pays le poste de chauffeur et administrateur pour supporter les gens volontaires du Québec qui viennent ici pour donner de leur temps pour améliorer la qualité de vie des Guatémaltèques. 

Je vais chercher les gens à l’aéroport, je les accueille à la casa, j’assure leurs bien-être, fait la répartition du travail et la rotation du personnel sur les chantiers, et je les retourne à l’aéroport en les remerciant d’avoir aider ce pays.

Au travers tous les beaux moments de partage que je vis ici j’ai aussi le temps de visiter la région. En fin de semaine passée, je suis allé au nord du pays pour visiter Tikal. C’est un ancien temple maya qui a débuté 3000 ans avant Jésus-Christ et a été habité jusqu’à l’an 850. Selon les archéologues, ils y avaient entre 90 000 et 120 000 habitants dans ce village qui prendrait trois jours à visiter. Ce site découvert en 1848 a été appelé Tikal, signifiant le mot mur blanc. C’est en marchant dans ce bois qu’un homme a découvert un mur, après que la nature eut repris ce qui lui appartenait. Suite à des fouilles archéologiques, ce village est devenu site touristique protégé par le patrimoine.

J’ai fait la connaissance d’un homme de 67 ans, un volontaire québécois qui est venu ici pour cinq semaines. Il m’a conté qu’il avait participé à un exercice avec des étudiants au Québec. L’exercice consistait à ce que des étudiants de 13 et 14 ans, posent des questions à des personnes plus âgées pour apprendre sur leur génération. Par l’intermédiaire du professeur responsable de cet exercice, mon ami a reçu comme question « comment fait-on pour devenir une meilleure personne ». Si vous avez pris le temps de répondre à cette question au début de cet article votre réponse était bonne. Au fait, il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse, le fait de se poser cette question fait déjà de nous une meilleure personne. 

À bientôt,
Pierre Mignault
Saint-Bruno de Kamouraska