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Un couple de la région a vécu le drame au Népalmaurice_gagnon20150505

Un couple de la région, Pierre-Anne Dubé, native de Saint-Jean-Port-Joli, et Jean-François Crête, originaire de La Pocatière, ont vécu de très près le tremblement de terre qui a secoué le Népal le 25 avril dernier. Les deux aventuriers se trouvaient à Katmandou au moment du drame.

Pierre-Anne et Jean-François ont entrepris en octobre 2014 un tour du monde qui durera un an. Les gens peuvent les suivre sur leur page Facebook « Gougounes et sacs à dos. » Le 28 avril dernier, ils écrivaient : « Nous avons vécu un cauchemar, il n’en manquait pas beaucoup pour que ce soit la fin. Nous avons subi une centaine de secousses en 48 h, dont des dizaines importantes. La sensation quand la terre tremble est tout simplement indescriptible. » Sur cette page, le couple début trentaine raconte d’ailleurs en détail le fil des événements sur sa page Facebook.

Extraits

« Samedi 25 avril 2015, 1 h 30, je me couche avec l’étrange impression que je tremble. Pierre-Anne me demande pourquoi je n’arrête pas de bouger. Je lui demande si elle sent quelque chose. Elle me répond que non… J’en déduis que j’ai peut-être de petites palpitations, car ça fait près de 24 h que je n’ai pas dormi. Elle me dit que c’était peut-être un petit tremblement de terre. »

« Aux environs de 12 h. Le temps est incertain, nous flânons donc sur internet dans notre chambre située au troisième étage dans le quartier Thamel, où tous les hauts bâtiments sont collés les uns sur les autres. Subitement on entend un bruit sourd et tout commence à trembler, tranquillement et rapidement de plus en plus fort. J’ouvre la porte et ordonne à Pierre-Anne de sortir. On se dirige vers l’escalier, mais impossible de descendre, voire de marcher. On se retrouve (on ne sait pas comment) dans la chambre opposée avec un autre couple de touristes et deux femmes de chambre. Celles-ci se réfugient sous un petit bureau. Nous et les deux touristes se rassemblons sous le petit cadre de porte. J’entoure tout le monde de mes bras et attends. Le mouvement du plancher sous mes pieds est indescriptible, le bruit un mélange de grondement et d’objets qui tombent. Les secondes sont interminables. Pierre-Anne pleure et dit “je ne veux pas mourir”. Je lui dis que tout va bien, ça va passer, ça achève, MAIS rien ne s’achève, c’est interminable. (on a appris plus tard que la secousse avait duré 2 minutes…). Nous craignons que le plafond nous tombe sur la tête où que le plancher se dérobe sous nos pieds. Puis le tremblement diminue. Nous courons dans l’escalier enchaînant les paliers, Pierre-Anne a l’impression de voler. Puis nous sortons à l’extérieur. Loin d’être en sécurité, nous sommes entourés d’édifices chambranlants. Heureusement, un bâtiment a été démoli récemment face à l’hôtel. On se réfugie dans cet endroit vacant en surveillant le ciel qui pourrait nous tomber sur la tête… »

Pierre-Anne et Jean-François racontent avec la même intensité ce qu’ils ont vécu, les nouvelles secousses, leurs déplacements, jusqu’à leur départ après avoir réussi à acheter des billets pour la Malaisie — pendant ce temps les parents de Jean-François effectuaient des démarches en ce sens depuis le Québec — malgré le chaos qui règne à l’aéroport. Ils ont été 36 heures sans manger.

Les familles

Pierre-Anne est la fille de Diane et Jean-Pierre Dubé de Saint-Jean-Port-Joli. À cause du décalage horaire, il était plus tôt au Québec quand le tremblement de terre a secoué le Népal. Matinal, M. Dubé n’a pas comme à l’habitude regardé les informations ce matin-là. Il a appris la nouvelle vers 9 h. L’attente n’a pas été trop longue. Lui et son épouse ont reçu un premier message par Facebook vers 9 h 45 de leur fille et leur gendre. Puis il y a eu une période d’une trentaine d’heures où ils n’ont pas eu de nouvelles.

Jean-François est le fils de René Crête et de Nicole Dionne de La Pocatière. Pour eux aussi l’inquiétude était très grande et chaque message rempli d’espoir. Il y avait échange d’information entre les deux familles. Pierre-Anne et Jean-François avaient renoncé à une expédition ce jour-là à cause d’une douleur au genou dont souffrait ce dernier. C’est probablement ce qui les a sauvés, reconnait M. Crête. Au moment du drame « ils n’ont pas réalisé à quel point ils ont passé proche d’y laisser leur vie. On avait plus d’information ici qu’eux en avaient sur l’ampleur du drame », dit-il.