SAINT-ROCH-DES-AULNAIES – Près de 40 ans se sont écoulés depuis les derniers travaux de restauration majeurs aux infrastructures de la Seigneurie des Aulnaies. Plusieurs d’entre elles auront besoin d’être rénovées, et ce, le plus tôt possible, avant de perdre le savoir-faire nécessaire pour en conserver toute la valeur patrimoniale.
« Il est temps de faire cette réflexion », lance Dominique Garon, directrice générale. La Seigneurie des Aulnaies est le site d’interprétation le plus complet au Québec pour comprendre la Nouvelle-France jusqu’à l’époque victorienne, lance sans hésiter Mme Garon. Elle compte sept bâtiments, dont le moulin et le manoir, qui demandent un entretien régulier. Mais, il vient un temps où des travaux majeurs sont nécessaires, souligne la directrice générale.
« Le site est exceptionnel, il est notre raison d’être. C’est pourquoi on a des exigences élevées quand vient le temps de faire des travaux », dit-elle. On ne peut pas rénover le toit en mettant autre chose que des bardeaux de cèdres, par exemple. Même pour le potager, on a fait appel à l’expertise de Patrice Fortier de La société des plantes de Kamouraska.
Travaux majeurs
L’an dernier, 1,4 M$ ont été investis, notamment pour la construction d’un bâtiment de service et du pavillon d’accueil. De ce montant, 180 000 $ ont servi à rénover d’autres immobilisations, dont le manoir et la conduite d’amenée d’eau au moulin. D’autres travaux majeurs sont à prévoir, notamment aux barrages, aux ponts, pour la maçonnerie du moulin et à la maison du meunier. Présentement, pour la protéger, la grande roue du moulin a été désengagée des engrenages de la couronne qui la fait tourner normalement, et ce, à cause de bris au niveau des dents. Elle tourne toujours, mais avec un débit d’eau réduit. Le moteur électrique est alors utilisé pour les activités de fabrication de farine. « Tant qu’à investir de l’argent pour la réparer, on va en profiter pour faire un diagnostic complet de la roue », ajoute Dominique Garon.
Importante réflexion
Alors que les gens sont aussi amenés à réfléchir sur l’avenir des églises, il faudra se pencher rapidement, selon Mme Garon, sur l’importance de maintenir en bon état des bâtiments patrimoniaux uniques comme ceux de la Seigneurie des Aulnaies. Elle est consciente dans le cas de cette dernière que les travaux de restauration entraîneront des coûts importants. Le fédéral est complètement absent, dit-elle. Le ministère de la Culture du Québec verse une aide financière annuelle à la corporation pour son fonctionnement. Cet argent ne peut être utilisé pour des travaux majeurs et, selon Mme Garon, la municipalité, propriétaire du site, qui verse déjà 35 000 $ par année, ne peut dépasser la capacité de payer des citoyens. « C’est comme si on avait construit l’amphithéâtre de Québec dans un petit village », lance-t-elle pour illustrer l’écart qui existe entre la valeur d’un tel site et la capacité de l’entretenir dans un petit milieu comme Saint-Roch-des-Aulnaies.
Création d’un fonds
Parmi les moyens possibles de générer des sommes d’argent additionnelles, la Corporation voudrait créer un fonds de dotation. Toutefois, il faut un minimum de dons de 10 000 $ pour l’ouvrir, selon la directrice générale.
La Seigneurie opère avec un budget annuel de 600 000 $, dont 70 % proviennent de la vente de farine et de pain, des admissions sur le site, du restaurant, etc. D’autre part, ajoute Dominique Garon, la Seigneurie génère des retombées économiques importantes. « Quatre-vingt-dix pour cent des achats sont faits dans la région », précise-t-elle. Au-delà de la question pécuniaire, conclut la directrice générale, plus on attend et plus on perd le savoir-faire des artisans en mesure de réaliser de tels travaux.
