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Un ministre de l’Agriculture inhumé à Sainte-Louise

SAINTE-LOUISE – Les funérailles récentes de l’ex-ministre de l’Agriculture, M. Claude Béchard, rappellent celles d’un autre homme politique de la région qui a occupé le même ministère de 1909 à 1929, M. Joseph-Edouard Caron, inhumé en grande pompe au cimetière de Sainte-Louise en juillet 1930.

Dans l’album souvenir qu’il a produit pour le 125e anniversaire de Sainte-Louise, en 1984, M. Alain Bois rappelle le parcours de M. Caron. Le texte est émaillé d’une photo sur laquelle on aperçoit la foule rassemblée devant l’église de cette municipalité, le 19 juillet 1930, jour de l’inhumation.

Un article publié dans le journal L’Action catholique du 21 juillet 1930, nous apprend que les obsèques de l’ancien ministre Caron ont eu lieu à Québec, en l’église du Sacré-Cœur de Marie. L’article rapporte que « des milliers de citoyens de toutes les classes de la société » y ont pris part et que la cérémonie, à laquelle prenait part, entre autres, le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau, a été particulièrement émouvante.

Personnalités présentes

Le journal énumère les noms de personnalités présentes. Le service a été chanté par l’abbé Herménégilde Destroismaisons, beau-frère du défunt. « Au cours de la cérémonie funèbre, des messes basses ont été dites aux autels latéraux par M. l’abbé Léon Destroismaisons, professeur au Collège de Sainte-Anne et par MM. les abbés A. Guay du Séminaire de Québec, A. Paradis du diocèse de Prince-Albert et le R. P. David, eudiste », poursuit l’Action catholique.


Devant l’église de Sainte-Louise, le jour de l’inhumation du ministre Caron, le 19 juillet 1930. (Photo : collection privée extraite de l’album souvenir « Sainte-Louise-des-Aulnaies, 1859-1984 »

Le journal rapporte également que plus de 150 automobiles accompagnaient le cortège à son arrivée à l’église de Sainte-Louise, où a eu lieu le chant du Libera, avant l’inhumation. C’est d’ailleurs cette arrivée que nous montre la photo publiée dans le livre du 125e.


L’imposant monument de l’ancien ministre Caron dans le cimetière de Sainte-Louise

 Parcours politique

Joseph-Édouard Caron est né à Saint-Roch-des-Aulnaies le 10 janvier 1866 (en 1973, le territoire où était située la terre de son père a été annexé à Sainte-Louise).

Après deux revers aux élections fédérales en 1900 et 1902, il est élu sans opposition, le 26 septembre 1902, pour le Parti libéral du Québec, dans le comté de L’Islet, lors d’une élection partielle. Il est réélu sans opposition en 1904 et de nouveau en 1908. Il démissionne à la suite de sa nomination comme ministre le 18 novembre 1909 et se fait réélire sans opposition à l’élection partielle du 29 novembre 1909.

Défait dans L’Islet en 1912, contre Joseph-Octave Morin, il sera toutefois élu, la même année, dans la circonscription des Îles-de-la-Madeleine. Caron y est réélu sans opposition en 1916, 1919, 1923 et 1927.

Il occupera le poste de ministre de l’Agriculture pendant 20 ans, de 1909 à 1929, sous les gouvernements de Lomer Gouin et Louis-Alexandre Taschereau.

Points communs

Le site Internet Wikipédia informe que M. Caron a été le premier agriculteur à être promu à ce ministère depuis 1867 et le 1er à établir une politique agricole d’importance. On sait que M. Claude Béchard, fils d’agriculteur, travaillait justement à l’élaboration d’une politique agricole majeure au moment de son décès. L’objectif de M. Caron était d’obtenir un meilleur rendement de la productivité agricole. En 1910, par exemple, « il fait adopter une loi assurant un meilleur contrôle de l’industrie laitière par le gouvernement. » De plus, il encourage la même année la création de la Société coopérative des fromagers du Québec. « Cette création sonne le début des grandes coopératives du Québec », soutient Wikipédia.

Une autre similitude existe entre MM. Béchard et Caron. Claude Béchard était perçu comme un éventuel candidat à la chefferie du Parti libéral. Selon l’article de Wikipédia, Joseph-Édouard Caron aurait été tenté par la succession de Lomer Gouin, bien qu’il n’ait pas disputé la place de Taschereau. Ce dernier le confirma à l’Agriculture. On attribue à Caron la création d’écoles d’agriculture et l’implantation de fermes d’expérimentation dans les régions agricoles.

(Ont servis à la rédaction de cet article : « Sainte-Louise-des-Aulnaies, 1859-1984 », journal « L’Action catholique », « Wikipédia » et le « Répertoire des parlementaires québécois 1867-1978 ». Un merci spécial à Pierrette Maurais et Michel Dumais du Centre d’archives de la Côte-du-Sud)