RIVIÈRE-DU-LOUP – Dans le cadre de son plan d’action mis en place en 2009 pour améliorer la diplomation dans ses établissements, la Commission scolaire de Kamouraska–Rivière-du-Loup a mis en place une démarche basée sur le premier facteur influençant la persévérance et la réussite scolaires, la relation maître-élève. On a fait appel à l’expertise de M. Richard Robillard, psychopédagogue et chargé de cours à l’Université de Sherbrooke pour créer des communautés d’apprentissage avec un leadership pédagogique partagé entre les enseignants, les directions d’école et la commission scolaire.
Pour la responsable du dossier persévérance scolaire à la Commission scolaire, Mme Monic Vézina, le but premier était de redonner aux enseignants leur plein pouvoir d’intervention auprès des élèves en vue de faire une différence. « Nous voulions consolider la relation maître-élève, l’enrichir en développant davantage la capacité de nos enseignants à accueillir les élèves dans ce qu’ils sont. Pour la première année, nous avons validé notre modèle d’intervention auprès de quatre écoles primaires et d’une école secondaire. Une vingtaine d’enseignants devaient s’approprier le concept basé sur le lien d’attachement et l’approche positive, puis s’engager à l’utiliser dans leurs interventions au quotidien. Au terme de l’expérimentation, tous les enseignants ont recommandé d’étendre l’intervention à l’ensemble de nos écoles. »
Mme Vézina poursuit : « Au cours des trois années qui ont suivi, toujours en étroite collaboration avec M. Robillard, plusieurs journées de formation ont été offertes pour les enseignants de notre territoire, portant sur l’importance de la qualité de la présence, l’accompagnement et le processus de la maturité affective des élèves. Des rencontres ont aussi eu lieu directement dans les écoles pour accompagner le personnel dans leur compréhension des élèves en difficulté et dans la mise en application d’interventions positives. Des soirées d’information et de formation ont été offertes aux parents portant sur le rôle qu’ils ont à jouer dans l’attachement et des suivis particuliers ont aussi été vécus. »
Des résultats positifs
Selon la responsable du dossier persévérance, le visage de la Commission scolaire a complètement changé depuis le déploiement de ce projet qui n’a pas d’équivalent au Québec.
« Nos enseignants se sentent mieux préparés pour agir dans une société plus complexe sur le plan humain, tant pour les adultes que pour les enfants. Notre rôle comme éducateur est de reconnaître les forces de nos élèves et leur donner l’espoir. Il est essentiel de revenir à la base de l’intervention pédagogique, qui est relationnelle », a insisté Mme Vézina.
Les résultats de la mise en place du plan d’action sont concluants : « Ils se traduisent notamment par une baisse significative du taux de décrochage, à 9,3 % selon les plus récentes statistiques. En quatre ans, ce taux a connu une diminution de 8,5 %. Les résultats obtenus – tout comme l’expertise développée – suscitent l’intérêt un peu partout au Québec. La Fondation Lucie et André Chagnon a approché la Commission scolaire pour que nous venions présenter nos pratiques gagnantes. Depuis, avec dix autres Commissions scolaires, nous travaillons sur un projet des plus intéressants afin d’améliorer la persévérance scolaire à la grandeur du Québec », de conclure Mme Vézina.
