Qui n’a pas déjà entendu ses parents, ses oncles, ses tantes, ou même ses grands-parents regretter l’époque où le temps des fêtes était synonyme de grands rassemblements familiaux et de réveillons se terminant au petit matin? En ces temps modernes où les petites familles sont désormais la norme, sans parler de celles qui sont éclatées ou recomposées, la famille Lizotte de Sainte-Louise continue de célébrer Noël et le Jour de l’an en grand, dans le respect des traditions.
Dimanche 11 décembre, fin d’après-midi, nous sommes à deux semaines de Noël. Dans le 4e Rang à Sainte-Louise, la pénombre s’installe tranquillement, alors que tombent les flocons. Les conifères en bordure de la route marient à merveille le vert et le blanc. Il y a longtemps que Noël ne s’est pas installé aussi tôt. Dans la maison de la famille Lizotte, Caroline et sa mère, Lucie Pelletier, préparent déjà le réveillon. Tartes au sucre, tourtières, beignes, sucre à la crème, bûche de Noël, les comptoirs de la cuisine débordent de nourriture, sans parler de ce qui refroidit à l’extérieur sur le balcon. « D’habitude, on fait toute notre bouffe pour Noël et le Jour de l’an en une journée. Mais là, comme on savait qu’un journaliste passait nous voir, on a commencé hier », de raconter Caroline, sur un ton blagueur. Elles avoueront avoir déjà fait affaire avec un traiteur pour le Jour de l’an, où elles tiennent un plus grand rassemblement familial à la Salle du 125e de Sainte-Louise, pour finalement reprendre les choses en mains il y a quelques années.
De son côté, Lucie ne compte plus les années passées derrière le fourneau à cuisiner pour le temps des fêtes. Au même titre qu’elle ne compte plus le nombre d’années qu’elle tient le réveillon de Noël chez elle, depuis qu’elle a pris la relève de sa mère. « Peut-être 40 ans », avance-t-elle. Qu’importe? Pour Lucie, ce qui compte, ce n’est pas le nombre d’années, mais le rassemblement familial. « À Noël, la maison est monopolisée pour deux jours et c’est toujours la famille proche qu’on reçoit. Avant, on débutait le réveillon après la messe de minuit, mais maintenant la messe de minuit est à 20 h », mentionnera-t-elle, consciente qu’il est plus difficile de perpétuer certaines traditions de nos jours.
Ambiance
Mère de cinq enfants, Lucie est également grand-mère de cinq petits-enfants et neuf arrière-petits-enfants. Année après année, elle se considère chanceuse de pouvoir réunir sa famille de la sorte, mais elle apprécie également l’ambiance qui règne dans sa maison, le soir de Noël. « Tous mes enfants sont capables de jouer de la musique et ils sont également danseurs à leurs heures », raconte-t-elle. Toutefois, la plupart du temps, c’est l’accordéon du patriarche Réjean Lizotte, bien connu pour avoir fondé l’orchestre « Les Frères Lizotte », qui raisonnera dans la maison le soir de Noël, mais également le 31 décembre pour célébrer la venue du Nouvel An.
Pour les tout-petits, c’est souvent le Père Noël qui fera toute la différence. Et chez les Lizotte, on ne manque pas d’imagination pour souligner son passage. « L’an passé, on a ouvert la fenêtre et on a fait sonner une cloche pour simuler les grelots du traîneau. On a aussi déjà utilisé un tambourin au rez-de-chaussée, il y a quelques années, pour faire croire aux enfants qui ne dormaient pas au sous-sol que le Père Noël était en train de passer par-dessus la maison en traîneau et qu’il ne s’arrêterait pas s’ils ne s’endormaient pas », de confesser Caroline. « Une année, c’est le voisin qui a fait le Père Noël et qui est arrivé en carriole, tirée par son cheval. On a dit aux enfants que les rennes se reposaient à la grange », de renchérir Lucie.
Pendant plus d’une heure, Lucie et Caroline ne ne sont pas lassées d’échanger leurs souvenirs, au son d’une douce musique de Noël, café à la main, résistant à la tentation de déguster à l’avance ce qu’elles ont fièrement cuisiné. Entre deux histoires, Caroline s’arrêtera et partagera, comme si elle réfléchissait à voix haute : « Je dois avoir une vieille âme, mais j’adore cette magie. Elle m’émeut autant que les enfants. C’est pourquoi ce n’est pas une corvée pour moi d’aider ma mère à préparer le réveillon, parce que j’ai le goût de perpétuer ces traditions. »
