Publicité

Une carte postale pour le premier ministre

LA POCATIÈRE – Les touristes de passage dans la région auront l’opportunité de faire parvenir une carte postale au premier ministre Stephen Harper. Pour lui faire un petit coucou en passant? Eh non. Cette initiative du député néodémocrate François Lapointe a plutôt pour objectif de le sensibiliser aux risques de sa réforme de l’assurance-emploi pour les PME et principalement celles en lien avec l’industrie touristique.

La carte postale illustrant une serveuse de restaurant sur fond noir et blanc sera disponible dans des commerces liés au tourisme. Les clients pourront ainsi joindre leurs voix à celles des propriétaires pour rappeler au premier ministre que la réforme risque de placer ces entreprises dans une position précaire, explique monsieur Lapointe. Ils pourront signer la carte, ajouter leur nom et adresse, et l’envoyer sans timbre à monsieur Harper.

L’opposition officielle et plusieurs regroupements pour la défense des chômeurs, dont Action Chômage Kamouraska, ont dénoncé la réforme de l’assurance-emploi votée en juin dernier. « Après six semaines de chômage, les travailleurs saisonniers devront accepter un emploi à 100 kilomètres de leur domicile à 70 % du salaire antérieur », résume François Lapointe.

 

Or, plusieurs entreprises touristiques ont recours au travail saisonnier en période estivale. Comment pourront-elles ramener cette main-d’oeuvre, formée pour les besoins de l’entreprise, l’année suivante? se demande le député.

Accueil et services

Sur les cinq employés de la boutique Pâtisseries et gourmandises d’Olivier de La Pocatière, deux sont saisonniers. La propriétaire, Sandrine Duplessy, craint devoir former de nouvelles personnes chaque saison parce qu’elles auront dû accepter un autre emploi pour se conformer aux exigences de la Loi. Nécessairement, la qualité de l’accueil et du service sera affectée, dit-elle.

François Lapointe dit que cette réforme a les « apparences d’un exercice d’appauvrissement collectif. » Pour lui, « dans un secteur économique où la main-d’oeuvre est déjà difficile à trouver, une telle mesure risque de rendre impossible de trouver les employés nécessaires pour bien des petites entreprises de la région. » Le député craint même que certaines doivent cesser leurs activités.

Cette réforme, poursuit François Lapointe, « est insensible aux réalités économiques des régions et doit être contestée par un maximum de gens. » Outre l’envoi de cartes postales, les gens peuvent aussi signer une pétition. Monsieur Lapointe a fait imprimer 4 000 cartes qui seront disponibles dans plusieurs commerces de Montmagny-L’Islet-Kamouraska-Rivière-du-Loup.