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Une fin heureuse pour le kitesurfeur à la dérive

Tout s’est bien terminé pour David Gilbert, le 4 septembre dernier, alors qu’il dérivait dans l’anse de La Pocatière après s’être échoué en faisant du kitesurf. Quelques jours après sa mésaventure fort médiatisée, il a accepté de raconter son histoire au Placoteux.

Il était 17 h 20 lorsque David Gilbert de Saint-Roch-des-Aulnaies est embarqué sur le fleuve. Ce qu’il avait prévu être une courte balade en kitesurf aura finalement pris une tournure inattendue. « J’essayais un nouveau cerf-volant pour les courses en hiver, plus axé sur la vitesse et la performance. Les conditions étaient idéales, mais c’est un cerf-volant très technique à piloter et qui demande plus d’attention », d’expliquer le kitesurfeur.

David était sur l’eau depuis une trentaine de minutes environ quand l’incident s’est produit. « J’ai fait une erreur d’inattention au large et le cerf-volant est tombé dans l’eau. C’est le genre de chose qui peut arriver », racontait-il, lui qui pratique ce sport depuis maintenant huit ans. C’est au moment de repartir que les choses se sont compliquées. « Je n’ai pas utilisé la bonne technique pour ce type de cerf volant là et il s’est entremêlé. C’était la première fois que c’était aussi mêlé que ça et je n’étais plus capable de décoller. »

À la dérive

Il était près de 18 h lorsque David Gilbert s’est retrouvé dans cette fâcheuse position. À ce moment, il estimait se trouver à environ 2 km du rivage. « J’ai ramassé mon cerf volant et j’ai essayé d’avancer sur ma planche en nageant pour regagner le rivage. Au final, c’est comme si j’avais fait du surplace. »

C’est plus d’une heure après qu’il se soit échoué que les services d’urgence ont été contactés, à 19 h 15. Heureusement, David revêtait le bon équipement.

« Ça faisait plusieurs jours que je n’avais pas fait de kitesurf et les dernières nuits avaient été fraîches. Comme je ne connaissais pas la température de l’eau, je n’avais pas pris de chance et j’avais mis le wetsuit que je mets généralement en novembre. »

En mode solution

Durant toute sa mésaventure, David assure être resté calme. « Je me considérais en mauvaise posture, mais pas en danger. Avec la marée qui baissait, je me disais qu’au pire je dériverais jusqu’à Rivière-Ouelle, ou que je toucherais le fond et que je pourrais marcher jusqu’à la rive. » Finalement, la marée basse lui aura plutôt permis de nager et d’avancer plus facilement. « Je ne me l’explique pas encore », disait-il.

Déjà vers 8 h 20, soit près de 2 h 30 après s’être échoué, il regagnait le rivage et commençait à vider l’eau de son cerf-volant. L’opération prendra près de 45 minutes. Par la suite, il a tenté de se frayer un chemin à la noirceur entre les roseaux et les zones marécageuses en bordure du fleuve. Lorsqu’il a regagné la piste cyclable, non loin de la maison touristique, David a rencontré un couple à qui il a emprunté un cellulaire pour rejoindre le 911 et faire annuler les recherches. C’est dans les minutes qui ont suivi qu’il croisera finalement les pompiers de La Pocatière qui participaient aux recherches.

Apprendre de ses erreurs?

Passionné de son sport, David Gilbert n’a pas l’intention de cesser le kitesurf après cette mésaventure, lui qui participe aussi à des compétitions amateures dans lesquelles il se classe souvent dans le top 3. Malgré tout, il avoue qu’il fera les choses différemment lors d’éventuelles sorties. « Je vais peut-être aller moins loin au large, si je suis tout seul. Je pourrais également avoir un sifflet avec moi en permanence. Ça peut aider à nous localiser dans un cas comme celui-ci », confiait-il.

Néanmoins, il reste réaliste et reconnaissant envers les services d’urgence et ceux qui ont fait l’appel au 911. « Si c’était arrivé 2 h ou 3 h plus tôt, il n’y aurait pas eu tout ce branle pas de combat à mon avis. La noirceur est tombée et les secours ont été victimes de l’heure à laquelle ils ont été appelés. Sinon, La Pocatière reste un des endroits les plus sécuritaires pour faire du kitesurf dans la région. »