Relancé à Mont-Carmel au printemps dernier par Marie-Ève Arbour, Visages régionaux comprend maintenant plus de 275 initiatives en développement collectif rural. Forte de cette expertise acquise au fil du temps, Marie-Ève Arbour désire maintenant inspirer et accompagner les institutions, organismes et coopératives dans l’émergence de projets porteurs pour les régions.
C’est en 2011 que Visages régionaux voit jour. À l’époque, Marie-Ève Arbour et son conjoint, Simon Côté, voulaient quitter Montréal et s’installer en région. Plutôt que de faire une simple réflexion comme bien d’autres migrants, ils ont choisi de faire une tournée du Québec rural à la rencontre de communautés dynamiques. Le tout a été financé à partir de la bourse Laure Waridel, remise par Équiterre et la Caisse d’économie solidaire Desjardins, dont ils ont été récipiendaires. « On a fait cette tournée de mai à octobre dans notre camion converti à l’huile végétale. Au final, on a fait plus d’une cinquantaine de reportages et de textes sur des initiatives rurales porteuses de changement », de mentionner Marie-Ève.
Une fois le projet terminé et le matériel partagé en ligne, le couple n’avait pas prévu continuer Visages régionaux. Entre temps, ils se sont installés au Kamouraska, ont bâti leur maison et ont fondé une famille. Mais Visages régionaux ne les quittera jamais réellement. « Grâce à notre travail en 2011, j’ai fait depuis une dizaine de conférences en lien avec le développement collectif rural. On s’est tourné vers nous parce qu’il n’y avait pas grand-chose qui avait été fait sur ce sujet-là avant », précisait-elle.
Relance du projet
Cinq ans plus tard, Marie-Ève Arbour a décidé de relancer le concept, en avril 2016. Vivant maintenant en région, elle comprend mieux la réalité rurale et surtout, elle veut faire contrepoids aux mauvaises nouvelles qui font trop souvent la manchette dans les grands médias nationaux. « J’avais le goût de montrer qu’il y a des jeunes qui s’installent en région, qu’ils créent des projets mobilisateurs et que les milieux sont dynamiques », martèle-t-elle.
J’avais le goût de montrer qu’il y a des jeunes qui s’installent en région, qu’ils créent des projets mobilisateurs et que les milieux sont dynamiques.
C’est avec cette idée en tête qu’elle mettra sur pied un répertoire de ces initiatives, regroupées en neuf catégories, allant de l’agroalimentaire à la foresterie, en passant par l’environnement, le récréotourisme solidaire et l’habitation écoresponsable, pour n’en nommer que quelques-unes. En huit mois, plus de 275 initiatives ont été ajoutées sur visagesregionaux.org, sous l’impulsion des différents porteurs de projets. Celles-ci peuvent toutes être consultées sur le site via une carte interactive. « Le but de tout ça est d’analyser les nouvelles tendances qui émergent, comme le coworking, les municipalités nourricières, ou les conversions d’églises, par exemple », d’ajouter Marie-Ève. À partir de ces tendances, elle écrit des articles et cherche à faire ressortir les meilleures pratiques en développement collectif.
Partager son expertise
Dans les prochains mois, Marie-Ève Arbour veut ajouter un volet formation à Visages régionaux, question de mieux accompagner les collectivités rurales en émergence. De plus, à titre de consultante, elle veut accompagner l’émergence de projets, autant pour les OBNL, les municipalités et les regroupements de concertation. « Je veux intervenir à certains moments du développement, mais pas à temps plein. Que ce soit pour donner des idées, structurer le projet, ou aider au développement de ses composantes. Mon désir est de faire de Visages régionaux une référence dans le développement collectif rural. »

