Publicité

Changements climatiques : Saint-Pacôme passe à l’action

L’équipe d’OBAKIR avec, à l’extrême droite, Laura Portelance Jouvert. Photos : Courtoisie

Les changements climatiques ne sont plus une abstraction. Vagues de chaleur, pluies soudaines et abondantes, inondations locales, ces phénomènes ont des effets directs sur la santé des populations, en particulier chez les personnes âgées, les enfants et les individus plus vulnérables, en plus de mettre une pression accrue sur les infrastructures municipales.

Forte de ce constat, la Municipalité de Saint-Pacôme a choisi d’être proactive. Elle a profité du programme OASIS, et a mandaté l’Organisme de bassins versants de Kamouraska, L’Islet et Rivière-du-Loup (OBAKIR) afin de réaliser une analyse des risques associés aux vagues de chaleur et aux pluies intenses sur son territoire.

« Le programme OASIS est un programme québécois qui soutient les municipalités dans le renforcement de leur résilience face aux changements climatiques, notamment en lien avec les vagues de chaleur et l’augmentation des précipitations », explique Laura Portelance Jouvert, chargée au développement des affaires et à la concertation chez OBAKIR. « Dans le cas de Saint-Pacôme, la Municipalité a déposé une demande pour le premier volet du programme, soit l’analyse des risques et l’évaluation des solutions d’atténuation qui pourraient s’appliquer. »

Cette première phase est avant tout une étape de diagnostic. « On parle d’une analyse géomatique très complète qui permet d’identifier les secteurs le plus à risque, autant pour les îlots de chaleur que pour les zones vulnérables aux inondations pluviales », précise Mme Portelance Jouvert. Les travaux s’appuient sur des données climatiques reconnues, notamment celles de Données climatiques Canada, ainsi que sur des visites sur le terrain réalisées à l’été 2024.

« Concrètement, on choisit des indices climatiques liés à la chaleur et aux précipitations, puis on produit différentes cartes : îlots de chaleur et de fraîcheur, niveaux d’humidité, zones à risque d’inondation, résume-t-elle. Ces données sont ensuite combinées pour obtenir une carte globale de vulnérabilité, à laquelle s’ajoute l’identification des populations plus sensibles, comme les aînés, les enfants ou certains équipements collectifs. »

À la fin du processus, une matrice de risques est élaborée. « On qualifie les risques de faibles, moyens, élevés ou très élevés, selon la combinaison des facteurs analysés », ajoute-t-elle, en précisant que les résultats finaux ne sont pas encore officiellement déposés. « Il est important de dire que l’identification de secteurs à risque ne veut pas dire que ce seront automatiquement ceux qui seront priorisés. Il y a aussi l’analyse coûts-bénéfices et surtout l’acceptabilité sociale qui entrent en ligne de compte. »

C’est dans cette optique que se tiendra une rencontre d’information citoyenne le 14 janvier à 18 h, à la salle du conseil de Saint-Pacôme au 7, rue Caron. Une participation en ligne est également possible pour ceux qui ne pourront se déplacer.

Le public pourra entendre deux chercheuses spécialisées en gestion de l’eau et en adaptation aux changements climatiques. Sophie Duchesne, de l’Institut national de recherche scientifique, abordera les effets des changements climatiques en milieu urbain, notamment en lien avec les vagues de chaleur et l’évolution des précipitations, tandis que Geneviève Pelletier, professeure au département de génie civil et de génie des eaux de l’Université Laval, présentera les solutions d’atténuation et d’adaptation possibles, en mettant l’accent sur le rôle des infrastructures vertes.

Parmi ces solutions, les infrastructures vertes occupent une place centrale. « On parle de verdissement des stationnements, de plantation d’arbres, de parcs urbains, de bassins de biorétention pour capter l’eau de pluie, de trottoirs perméables ou encore de toits verts, énumère-t-elle. L’idée, c’est de faire appel à la nature pour réduire la chaleur et favoriser l’absorption de l’eau, plutôt que de la diriger uniquement vers les réseaux d’égouts. »

Les impacts humains demeurent au cœur de la réflexion. « En milieu urbain, la chaleur est amplifiée par l’asphalte et les surfaces imperméables. Les vagues de chaleur peuvent avoir des effets importants sur la santé, notamment chez les personnes âgées et les jeunes enfants, et accentuer certains problèmes cardiovasculaires ou respiratoires », rappelle la chargée de projet.

La soirée sera aussi l’occasion pour la Municipalité de Saint-Pacôme de faire le point sur sa participation au programme OASIS et sur les démarches réalisées jusqu’à maintenant, tout en amorçant un dialogue avec la population afin de recueillir son avis sur les enjeux et les pistes de solutions envisagées.

Ouverte à tous, même aux personnes provenant de l’extérieur de Saint-Pacôme, cette soirée d’information vise à mieux outiller la population face à une réalité climatique appelée à s’accentuer. « C’est une information pertinente pour toute personne qui s’intéresse aux enjeux climatiques et à l’avenir de nos milieux urbains », conclut Laura Portelance Jouvert.