De nombreux territoires ont connu une baisse importante au niveau des noyades, dont le Bas-Saint-Laurent, au même titre que l’Abitibi-Témiscamingue, la Capitale-Nationale, l’Estrie, la Mauricie et la Montérégie. Ces variations régionales soulignent l’importance d’adapter les actions de prévention aux réalités locales et aux types de plans d’eau présents sur le territoire et qu’aucun d’entre eux n’est à l’abri d’un drame.
Au total, 61 décès par noyade ont été recensés, un chiffre qui reste globalement dans la moyenne, au regard des 60 décès enregistrés en 2024, des 84 en 2023 et des 61 en 2022. Cette stabilité témoigne d’un maintien des efforts en matière de prévention aquatique. Elle reflète notamment la mobilisation continue des milieux municipaux, des partenaires communautaires et des intervenants en sécurité aquatique. Toutefois, derrière ces chiffres se cachent des drames humains qui rappellent que chaque noyade demeure évitable.
« Les données de 2025 montrent que les efforts de prévention se maintiennent et contribuent à contenir le nombre de noyades, tout en rappelant que la vigilance doit demeurer constante. La noyade survient rapidement et silencieusement, parfois quand on s’y attend le moins, comme l’a tristement rappelé la double noyade survenue la veille de Noël dans Lanaudière, qui a coûté la vie à un homme et à un enfant. Nos pensées accompagnent leurs proches. Ces drames soulignent l’importance de poursuivre le travail collectif en prévention, en formation et en sensibilisation afin de prévenir ces tragédies évitables », affirme Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage.
Un portrait régional en évolution
Certaines régions du Québec ont enregistré une hausse du nombre de noyades. La Côte-Nord revient dans la liste des régions comptabilisant le plus grand nombre de décès, cette fois-ci en première place avec 12 noyades — région qui n’avait comptabilisé aucune noyade l’année dernière. Lanaudière (11 noyades), Montréal (7 noyades) et l’Outaouais (6 noyades) sont également en tête de liste, et figurent également parmi les régions ayant observé une augmentation de 2024 à 2025.
Les milieux naturels : toujours au cœur du risque
En 2025, 85 % des noyades sont survenues dans des environnements naturels tels que les lacs, les rivières et le fleuve, comparativement à 76 % en 2024. Une donnée alarmante pour la Société de sauvetage. Ces milieux, trop souvent non surveillés et soumis à des conditions changeantes, demeurent les plus à risque. C’est l’adoption de comportements sécuritaires, dont le port de la veste de flottaison individuelle, qui pourrait significativement faire baisser cette donnée.
Cette année, deux noyades ont malheureusement été recensées dans des lieux de baignade surveillés : l’une dans une piscine publique et l’autre sur une plage aménagée. Bien que ces événements demeurent extrêmement rares en milieu encadré, ils étaient liés à des malaises cardiaques. Ces situations rappellent à la fois l’efficacité de la surveillance en place et l’importance de privilégier des sites de baignade supervisés pour la pratique d’activités aquatiques.
Un profil de victimes qui se maintient
Le profil des personnes touchées par une noyade demeure similaire aux années précédentes. Les hommes représentent toujours la majorité des victimes, avec plus de 80 % des décès recensés en 2025. Plusieurs incidents sont survenus lors d’activités récréatives comme la navigation de plaisance (36 %) ou la baignade (13 %), souvent en l’absence de mesures de sécurité adéquates, notamment le port d’une veste de flottaison individuelle.
La sécurité des jeunes enfants : un enjeu prioritaire
Malgré un maintien du nombre de noyades, 5 décès ont été recensés chez les enfants âgés de 0 à 5 ans en 2025, un chiffre tout de même inférieur aux 7 noyades recensées en 2024. Cette réalité demeure néanmoins préoccupante, particulièrement en contexte résidentiel.
Les recherches menées par le Dr Hussein Wissanji en 2024 démontrent que pour chaque décès par noyade chez un enfant, plusieurs autres sont traités à l’urgence pour des incidents de quasi-noyade. L’absence de supervision directe et de barrières physiques autour des piscines figure parmi les facteurs de risque les plus fréquemment observés.
Les résultats de 2025 démontrent que la prévention sauve des vies. Toutefois, ils rappellent aussi que la sécurité aquatique repose sur des gestes simples, mais essentiels : apprendre à nager, porter une veste de flottaison, surveiller activement les enfants et respecter les consignes près, sur et dans l’eau.
Alors que l’hiver est bien installé, il est important de rappeler que cette saison n’est pas sans risque : en moyenne, sept noyades surviennent chaque année durant la période hivernale. Les activités sur la glace comportent des dangers réels, surtout lorsque son épaisseur est incertaine.
Source : Société de sauvetage
