À l’approche du dépôt du budget du Québec pour 2026‑2027, la Table régionale des élu·es municipaux du Bas‑Saint‑Laurent (TREMBSL) formule ses priorités de financement pour soutenir le développement et la vitalité des communautés bas-laurentiennes. L’organisme, créé en mai 2019, regroupe les huit préfets des MRC bas-laurentiennes et les dix maires des cités régionales ou des municipalités de centralité.
Transport collectif en milieu rural
La TREMBSL demande des ajustements urgents au Programme d’aide au développement du transport collectif, car selon l’organisation, les nouvelles modalités entraînent cette année une perte de financement de plus de 10 % pour la région. Celles-ci pourraient certes offrir des perspectives intéressantes à long terme, mais d’ici là, la TREMBSL considère que l’absence de mesures transitoires et la non-indexation du programme depuis 2019, combinées à l’imposition de plafonds de financement extrêmement bas, qui ne seront pas relevés avant 2028, forcent plusieurs territoires à envisager des réductions de services.
« Il est difficile de comprendre qu’après tous nos appels, le gouvernement maintienne une approche de financement minimaliste qui fragilise la pérennité de plusieurs de nos services. Faut-il rappeler que le transport collectif est essentiel pour certains groupes de la population, notamment les personnes aînées qui représentent le tiers des usagers au Bas-Saint-Laurent ? », affirme Bruno Paradis, préfet de La Mitis et président de la TREMBSL.
Infrastructures municipales
La TREMBSL demande de bonifier le Programme d’infrastructures municipales d’eau (PRIMEAU), et le Transfert pour les infrastructures d’eau et collectives du Québec (TECQ). « Les modalités de financement de TECQ doivent également être ajustées afin d’offrir une meilleure équité aux villes de centralité à plus faible population. Les élus municipaux pressent le gouvernement de s’entendre avec le fédéral pour débloquer les sommes annoncées au dernier budget, et de les transférer aux municipalités via le TECQ », lit-on dans le communiqué.
« Dans plusieurs de nos municipalités, l’état des infrastructures des services d’eau ne permet pas d’accueillir de nouveaux logements, et présente des vulnérabilités importantes face aux aléas climatiques. Il est crucial que le gouvernement reconnaisse qu’une part importante des coûts ne varie pas selon la taille d’une municipalité. Les coûts d’excavation et d’installation de conduites sont calculés au mètre linéaire. Les municipalités de population plus faible sont désavantagées dans le calcul du TECQ, car celui-ci se base sur la taille de la population plutôt que sur les coûts réels », commente Vincent Bérubé, maire de la Ville de La Pocatière et vice-président de la TREMBSL
Soutien à domicile des personnes aînées
La TREMBSL appelle à renforcer la place et les moyens dédiés aux soins et aux services à domicile dans les réseaux de la santé, de l’économie sociale et de l’action communautaire. Elle demande également d’élargir le soutien financier de l’État dédié aux services à domicile, comme pour l’aide domestique et aux menus travaux, le répit pour les proches aidants offert par des bénévoles, les soins médicaux, ou l’hospitalisation à domicile.
« Au Bas-Saint-Laurent, les personnes aînées représentent le tiers de notre population. Elles contribuent de manière importante à la vitalité de nos territoires et aux identités locales. Ces personnes méritent d’être considérées avec dignité ! Le maintien de leur autonomie et de leur santé globale doit faire partie des priorités gouvernementales. Cela exige une amélioration importante du soutien à domicile selon une vision large, intersectorielle, tournée vers une approche du “bien vieillir chez soi” », dit Sylvie Blanchette, mairesse d’Amqui et membre de l’exécutif de la TREMBSL
Filière forestière et immigration
La TREMBSL insiste sur l’urgence d’aider concrètement la filière forestière québécoise pour sa modernisation et sa diversification. Selon le communiqué de l’organisme, le budget doit prévoir des mesures pour permettre à l’industrie de se maintenir en activité et limiter les fermetures d’usine durant la période de crise, mais il doit aussi réserver des sommes importantes pour doter le nouveau régime forestier québécois de moyens conséquents pour une gestion moderne, agile et efficace de la forêt, au bénéfice de tous ses usagers et pour une valorisation accrue des personnes qui y travaillent.
La TREMBSL se joint enfin aux entreprises de la région pour demander l’imposition d’un moratoire pour maintenir les conditions actuelles du Programme des travailleurs étrangers temporaires pour les employeurs et les personnes déjà employées dans la région. Elle demande aussi un droit acquis pour celles disposant d’un permis de travail ou d’études, et qui répondent aux critères d’admissibilité du Programme d’expérience québécoise. Le financement des services d’accompagnement des personnes immigrantes en région nécessite aussi un rehaussement.
