Christine Fréchette a choisi Rivière-du-Loup pour lancer sa tournée des régions. La candidate à la chefferie de la Coalition Avenir Québec et aspirante au poste de première ministre du Québec, a amorcé cette tournée par une visite d’entreprises et une conférence de presse consacrée au logement, un dossier qu’elle juge central pour les régions.
« Ma décision de débuter cette tournée à Rivière-du-Loup n’est pas anodine. Je veux être sur le terrain, parler aux militants, aux citoyens, aux élus et travailler directement sur les enjeux régionaux », dit-elle. Concernant le logement, elle a souligné que le Bas-Saint-Laurent est l’une des régions les plus durement touchées par la crise du logement, avec un taux d’inoccupation nettement sous la moyenne québécoise, malgré une amélioration observée au cours des derniers mois.
Sa vision en matière d’habitation est articulée autour de quatre axes. Elle propose d’abord de rembourser une part significative de la taxe de bienvenue pour les premiers acheteurs, pouvant aller jusqu’à un remboursement complet. Elle souhaite également bonifier le programme d’habitation abordable Québec afin d’accélérer la construction de logements accessibles. Elle mise par ailleurs sur le recours accru à la construction préfabriquée, qu’elle juge plus rapide et souvent moins coûteuse, tout en soutenant les entreprises québécoises. Enfin, elle propose de rendre permanent le pouvoir accordé aux municipalités leur permettant d’autoriser certains projets résidentiels sans référendum, une mesure qu’elle estime efficace pour accélérer la mise en chantier de logements.
Dossiers régionaux
En mêlée de presse, Christine Fréchette s’est aussi positionnée sur plusieurs dossiers régionaux et nationaux. Questionnée sur le Programme de l’expérience québécoise des immigrants, elle dit privilégier un plan d’action qu’elle qualifie d’humanitaire et réaliste, axé notamment sur l’augmentation du nombre d’invitations via le Programme de sélection des travailleurs qualifiés, le renouvellement des certificats d’acceptation du Québec pour les travailleurs déjà en poste, l’intégration du secteur récréo-touristique parmi les secteurs stratégiques et une pression accrue sur le gouvernement fédéral pour le renouvellement des permis de travail. Elle affirme qu’une clause grand-père, telle que proposée par Bernard Drainville, est pratiquement impossible à appliquer et que son approche permettrait d’accélérer concrètement les démarches.
Sur le dossier de la Traverse de Rivière-du-Loup-Saint-Siméon, Mme Fréchette a maintenu la position déjà adoptée par le gouvernement, évoquant un jugement responsable quant à l’utilisation des fonds publics et confirmant que la solution retenue est moins coûteuse pour les contribuables. Elle affirme que certaines études pourront être rendues publiques, tout en rappelant que les documents soumis au Conseil des ministres demeurent confidentiels selon les règles en vigueur.
Aucune urgence ne fermera
Interpellée sur les urgences de Trois-Pistoles et de Pohénégamook, Christine Fréchette a été catégorique : il n’est pas question de fermer des urgences. Elle parle plutôt d’une réorganisation du travail, possiblement par la réaffectation ou le renforcement des équipes, en s’appuyant sur des consultations publiques que Santé Québec doit tenir à brève échéance. Elle insiste sur l’importance d’écouter la population et d’arriver rapidement avec des solutions concrètes.
La candidate s’est aussi dite favorable au prolongement de l’autoroute 20 jusqu’à Rimouski, un projet qu’elle juge essentiel dans un contexte de développement économique et énergétique accru dans l’Est du Québec, rappelant que cet engagement figure déjà au Plan québécois des infrastructures.
Concernant le positionnement idéologique de Bernard Drainville et son virage qualifié de plus à droite, Christine Fréchette a évité l’attaque frontale, préférant parler de son propre style. Elle dit s’inscrire dans l’ADN de la CAQ, qu’elle situe au centre-droit, tout en mettant de l’avant une approche calme, posée et axée sur le dialogue avant la prise de décision.
La ministre et députée de Rivière-du-Loup–Témiscouata–Les Basques, Amélie Dionne, n’a pas caché sa fierté de voir Mme Fréchette lancer sa campagne dans sa circonscription. Elle parle d’une marque de confiance et d’une collaboration étroite sur plusieurs dossiers régionaux depuis trois ans, notamment en matière de développement économique. « J’ai consulté la population avant de lui accorder mon appui. Plusieurs citoyens placent beaucoup d’espoir en Christine Fréchette. C’est une femme de tête, capable de rassembler et d’incarner un leadership féminin. »
Mathieu Rivest
Interrogée sur la position du député de Côte-du-Sud, Mathieu Rivest, qui a choisi d’appuyer les deux candidats, même si Mme Fréchette et M. Drainville ont des visions diamétralement opposées sur plusieurs sujets, elle mentionne en souriant qu’il s’agit au moins d’un demi-appui. « C’est à lui de voir. Il va peut-être évoluer dans sa réflexion aussi au fil des prochaines semaines. »
