Le Service intermunicipal de sécurité incendie de la Ville de Saint-Pascal dispose désormais d’un nouvel outil de formation pour préparer ses pompiers aux réalités du terrain. Inauguré officiellement le 2 juin dans le parc industriel de Saint-Pascal, le nouveau centre d’entraînement et de formation incendie permettra d’offrir des exercices plus réalistes, de maintenir les compétences des effectifs, et de soutenir la qualification de la relève dans l’ensemble de la MRC de Kamouraska.
L’infrastructure, aménagée sur un terrain mis à disposition par la Ville au 220, avenue du Parc, représente un investissement d’environ 80 000 $. Particularité du projet : une grande partie des travaux a été réalisée par les pompiers eux-mêmes, qui ont consacré de nombreuses heures à l’assemblage de la structure et à l’aménagement des espaces de formation.
Composé de cinq conteneurs maritimes assemblés en une structure métallique à plusieurs niveaux, le centre a été conçu afin de reproduire différents scénarios d’intervention en incendie, en sauvetage et en limitation des pertes. Inspiré directement des canevas de formation de l’École nationale des pompiers du Québec (ENPQ), il permet notamment de couvrir l’ensemble des compétences associées au programme Pompier 1.
Pour la mairesse de Saint-Pascal, Solange Morneau, cette réalisation répond à un besoin exprimé depuis plusieurs années par les membres de la brigade. « Ce nouveau centre représente un atout majeur pour la sécurité publique régionale, et témoigne de l’engagement constant des partenaires envers la formation, la compétence et la sécurité des pompiers. », a-t-elle déclaré.
Une idée devenue essentielle
Selon le directeur du Service intermunicipal de sécurité incendie de Saint-Pascal, Éric Lévesque, l’évolution du service au fil des décennies a rendu indispensable la création d’un lieu d’entraînement permanent.
La caserne principale, construite en 1973 au centre-ville de Saint-Pascal, accueillait auparavant la majorité des exercices. Toutefois, l’augmentation du nombre de pompiers, l’ajout de nouvelles municipalités au service intermunicipal, et les exigences croissantes en matière de formation ont progressivement compliqué la situation.
Chaque pompier doit notamment cumuler un minimum de 48 heures d’entraînement par année afin de maintenir ses compétences. Les exercices impliquant l’utilisation de sirènes, de scies mécaniques, d’échelles ou d’équipements spécialisés généraient parfois des nuisances pour les résidents du voisinage.
Le choix d’implanter le nouveau centre dans le parc industriel permet donc de poursuivre les activités de formation à l’écart des secteurs résidentiels, tout en demeurant à proximité du territoire desservi. « On voulait se doter d’un centre d’entraînement pour pouvoir tenir nos exercices un peu plus à l’écart de la population, et redonner une quiétude aux voisinages autour de la caserne actuelle », a expliqué M. Lévesque lors de l’inauguration.
Un environnement réaliste
Le nouveau centre offre une grande polyvalence. Les différents niveaux permettent notamment de pratiquer le déploiement des échelles portatives, les techniques de ventilation, les recherches de victimes en environnement enfumé, les opérations de sauvetage, l’utilisation de cordages, ainsi que les manœuvres de désincarcération.
À l’intérieur, plusieurs pièces ont été aménagées afin de reproduire le plus fidèlement possible l’environnement d’une résidence ou d’un bâtiment commercial. Chambres, salon, escaliers, passages étroits et zones d’obstacles permettent aux pompiers de développer leurs réflexes dans des conditions se rapprochant de la réalité.
Grâce à une machine à fumée synthétique, les formateurs peuvent également recréer des conditions de visibilité presque nulle afin de simuler les interventions en présence d’un incendie.
Les pompiers pourront aussi s’exercer aux techniques d’autosauvetage, notamment lorsqu’un passage devient obstrué, ou qu’un effondrement est simulé. Certaines sections ont même été conçues pour être volontairement endommagées et reconstruites après les exercices, permettant aux participants de pratiquer l’ouverture de cloisons ou le franchissement de murs. « Les scénarios vont toujours être différents », a souligné le technicien en prévention incendie Mathias Roussel lors de la visite guidée des installations.
Un outil régional
Au-delà des besoins du Service intermunicipal de Saint-Pascal, le nouveau centre a également été pensé comme une ressource régionale.
Les examens de qualification Pompier 1 de l’École nationale des pompiers du Québec pourront désormais être réalisés sur place. Cette possibilité représente un avantage important pour les services incendie de la MRC de Kamouraska qui n’auront plus à chercher des sites adaptés pour la tenue des évaluations pratiques.
Un projet porté par les pompiers
L’une des particularités du projet demeure l’implication directe des membres de la brigade dans sa réalisation. Les pompiers ont participé à l’assemblage des conteneurs, à l’aménagement intérieur, ainsi qu’à plusieurs travaux de finition, réduisant considérablement les coûts de construction. « L’assemblage des conteneurs, on l’a fait avec du jus de bras de toute notre brigade d’incendie », a rappelé Éric Lévesque.
Le projet a bénéficié d’un soutien financier de la MRC de Kamouraska par l’entremise du Fonds régions et ruralité (FRR) – Volet 2, ainsi que de la participation des municipalités partenaires du service intermunicipal.
« La MRC de Kamouraska est fière d’avoir contribué à la réalisation de ce projet qui renforce concrètement la sécurité de nos communautés, et qui soutient également le développement des compétences de nos pompiers. Le centre d’entraînement va aider à mieux préparer nos équipes incendie, et à optimiser l’efficacité de leurs interventions sur le territoire », a quant à elle déclaré la préfète élue de la MRC de Kamouraska, Nancy Dubé.
Le Service intermunicipal de sécurité incendie de Saint-Pascal dessert actuellement les municipalités de Saint-Pascal, Saint-Philippe-de-Néri, Kamouraska, Saint-Bruno-de-Kamouraska, Saint-Germain et Sainte-Hélène. L’organisation compte environ 33 pompiers répartis entre la caserne principale de Saint-Pascal, et les casernes satellites de Sainte-Hélène et de Saint-Philippe-de-Néri.



