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L’anxiété financière s’intensifie

Une proportion de 46 % des personnes sondées ne pourraient couvrir leurs dépenses de base que pendant un mois ou moins. Photo : Nik Shuliahin, Unsplash

Un sondage de Centraide United Way Canada, réalisé par Léger, démontre que de plus en plus de personnes peinent à couvrir leurs besoins essentiels et sont anxieuses financièrement.

Les données révèlent que près d’une personne sur deux au Canada (46 %) mentionne ne pouvoir assumer ses dépenses que pendant un mois ou moins avant de s’endetter, et 27 % affirment que leur situation s’est détériorée au cours des six derniers mois. Deux personnes sur cinq ont vécu une situation de pauvreté personnellement, ou connaissent une personne proche qui l’a vécue. Les familles monoparentales, les nouveaux arrivants et les jeunes figurent parmi les groupes les plus touchés.

Cette pression financière s’intensifie partout au pays. Toujours selon le sondage, deux personnes sur cinq au Canada ont du mal à mettre de la nourriture sur la table, et 40 % perdent le sommeil en se demandant comment boucler leur budget. « La proportion de personnes submergées par l’anxiété lorsqu’elles pensent à leurs finances personnelles a grimpé à 60 %, soit une hausse de cinq points en seulement six mois », lit-on.

Le sondage indique que d’un océan à l’autre, le stress financier mine le bien-être des gens, alimenté par la hausse du coût des biens essentiels : l’alimentation, le logement et l’énergie. Les familles monoparentales (58 %) et les nouveaux arrivants (54 %) sont plus susceptibles de ne pouvoir couvrir leurs dépenses de base plus d’un mois sans s’endetter, et tout comme les jeunes adultes de 18 à 34 ans, ils affichent des niveaux d’anxiété nettement plus élevés.

Le coût humain

Cette pression financière entraîne des répercussions mesurables sur le bien-être et le fonctionnement au quotidien. Ainsi, on lit que 38 % des Canadiens vivent de l’insécurité alimentaire, et une personne sur cinq affirme que toute la nourriture à la maison a été consommée, sans qu’il reste de l’argent pour en acheter davantage. Un autre 34 % éprouve des difficultés à se concentrer au travail ou aux études.

Les données révèlent non seulement l’ampleur du stress financier, mais aussi la vitesse à laquelle il s’intensifie. Par rapport aux données de sondage de la fin de 2025, le nombre de personnes au Canada qui disent pouvoir couvrir leurs dépenses de base pendant un mois ou moins avant de s’endetter a augmenté de quatre points, passant de 42 % à 46 %. De même, 34 % connaissent une personne proche qui a vécu une situation de pauvreté, en hausse de cinq points, et 22 % des Canadiens ont personnellement vécu une situation pauvreté, contre 19 % auparavant.

La pression financière ne touche plus uniquement les personnes les plus vulnérables et à faible revenu. Plus de la moitié (53 %) des Canadiens décrivent leur situation financière comme « correcte » ou pire, ce qui signifie qu’ils arrivent à payer leurs dépenses, sans plus, ou qu’ils éprouvent déjà de réelles difficultés. Parmi les personnes qui qualifient leur situation de « correcte », 31 % disent que leur situation s’est détériorée au cours des six derniers mois, et 24 % s’attendent à ce qu’elle se détériore davantage.

Le portrait est encore plus sombre pour les personnes qui décrivent leur situation comme « mauvaise » : les deux tiers (66 %) affirment que les choses se sont aggravées, et 39 % s’attendent à une nouvelle détérioration.

Finalement, les Canadiens obtiennent une note moyenne de 43,5 à l’indice national d’anxiété financière, ce qui indique qu’un niveau de stress financier modéré à élevé est répandu dans l’ensemble de la population.