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Référendum sur l’indépendance : Les candidats sudcôtois réagissent à la décision de PSPP

Paul St-Pierre Plamondon. Photo tirée de Facebook

La décision du chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, d’écarter la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec tant que Donald Trump occupera la Maison-Blanche fait réagir en Côte-du-Sud. Les candidats de la CAQ, du Parti libéral et du Parti conservateur y voient, pour des raisons différentes, une occasion de remettre en question la stratégie péquiste. L’équipe de la candidate du PQ, Valérie Hamel, n’a pour sa part pas souhaité commenter directement la déclaration auprès du Placoteux.

Le chef péquiste justifie sa décision par le contexte politique et économique entourant la présidence états-unienne. Selon lui, une question aussi importante que l’avenir constitutionnel du Québec doit pouvoir faire l’objet d’un débat « éclairé et serein », à l’abri des soubresauts de la politique états-unienne, et des interventions d’un président qu’il qualifie d’imprévisible.

PSPP estime également qu’un éventuel gouvernement péquiste aurait plusieurs dossiers urgents à régler à son arrivée au pouvoir. Il affirme vouloir ainsi éviter que la prochaine campagne électorale québécoise soit dominée par les craintes liées à la tenue rapide d’un référendum.

Rivest veut prioriser l’économie

Pour le député sortant de Côte-du-Sud et candidat de la Coalition avenir Québec, Mathieu Rivest, la décision du chef péquiste démontre justement que le contexte actuel commande de miser d’abord sur la stabilité économique. « L’annonce de Paul St-Pierre Plamondon confirme une chose : même le Parti québécois reconnaît qu’en pleine période d’incertitude économique et géopolitique, ce n’est pas le moment d’ajouter de l’instabilité », soutient-il.

Le candidat caquiste évoque notamment les tarifs états-uniens, les difficultés du secteur forestier, la gestion de l’offre, le coût de la vie, et la situation des entreprises de la Côte-du-Sud. Selon lui, reporter le scrutin référendaire ne règle pas la question de fond, puisque le PQ devrait tout de même consacrer une partie de son premier mandat à sa préparation.

Mathieu Rivest juge également paradoxal que le calendrier politique états-unien puisse influencer celui d’un éventuel référendum québécois. « Le calendrier politique du Québec devrait d’abord être dicté par les priorités des Québécois », affirme-t-il, ajoutant vouloir consacrer ses efforts au développement de la Côte-du-Sud, à l’économie, aux services publics, ainsi qu’à la protection de la langue, de la culture et de l’identité québécoises.

Un projet trop risqué, estime Nancy St-Pierre

La candidate libérale Nancy St-Pierre voit elle aussi dans la décision de PSPP une reconnaissance des risques associés au projet souverainiste.

« Comme le mentionne mon chef — et je partage entièrement son avis —, PSPP reconnaît que son projet est très risqué, encore davantage avec l’incertitude que nous vivons avec notre voisin américain. Au Parti libéral, nous sommes régionalistes, nationalistes et fédéralistes. Nous croyons que le Québec est plus fort lorsqu’il est uni, et qu’il travaille à bâtir des milieux de vie qui répondent aux besoins de base et aux besoins essentiels de la population, plutôt que de chercher à diviser les Québécois comme le propose PSPP », a-t-elle déclaré.

Poulin y voit un recul du PQ

Le candidat du Parti conservateur du Québec, Frédéric Poulin, porte quant à lui un regard différent sur l’annonce. Il ne reproche pas seulement au PQ de vouloir éventuellement organiser un référendum : il remet en question la décision de repousser celui-ci en fonction de la présence de Donald Trump.

« Sans la souveraineté et sans référendum, le Parti québécois devient essentiellement, selon moi, un autre gouvernement social-démocrate au Québec, qui prône un État fort, plus gros, et davantage présent dans la vie des citoyens », affirme-t-il en traitant cette décision de « chicken ».

Selon lui, il sera toujours possible de trouver une raison pour reporter la consultation populaire. Il donne notamment l’exemple d’une éventuelle succession à Donald Trump par le vice-président J.D. Vance. « Il va toujours y avoir quelque chose qui pourra servir de raison pour repousser un référendum », fait-il valoir.

Le candidat conservateur se montre aussi particulièrement critique envers le leadership de PSPP. Selon lui, lorsqu’un parti place la souveraineté au cœur de sa raison d’être, il est difficile de justifier le report d’un engagement aussi important par la présence du président d’un autre pays.

Il dit par ailleurs comprendre les aspirations des militants et électeurs souverainistes, ce qui rend justement la décision encore plus difficile à défendre à ses yeux. « Ça fait combien de temps qu’on leur parle d’un référendum dans une première année de mandat ? Il y a une relation de confiance qui s’établit avec les électeurs lorsqu’on prend un engagement aussi clair », soutient-il.

Frédéric Poulin croit plutôt que le Québec devrait concentrer ses efforts sur sa puissance économique, afin de devenir un leader en Amérique du Nord.

Pas de commentaire de la candidate péquiste

Le Placoteux a également sollicité l’équipe de Valérie Hamel, candidate du Parti québécois dans Côte-du-Sud, afin d’obtenir sa réaction à cette importante modification du calendrier référendaire.

Son équipe n’a toutefois pas souhaité commenter directement la décision de Paul St-Pierre Plamondon. Le Journal a plutôt été dirigé vers le chef du Parti québécois, ou vers Catherine Gentilcore, députée de Terrebonne, qui aurait été désignée comme répondante auprès des médias régionaux. La position locale du Parti québécois sur cette décision demeure donc, pour le moment, celle exprimée par son chef.

Rappelons que le deuxième et dernier mandat de Donald Trump se terminera le 20 janvier 2029 à midi, au moment où son successeur doit entrer en fonction. Trump a débuté son mandat le 20 janvier 2025.