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Des cours d’éducation physique en ligne dès l’automne au Cégep de La Pocatière

Un nouveau cours fait grincer des dents le représentant provincial du regroupement des enseignants d’éducation physique au collégial. Malgré tout, le Cégep de La Pocatière sera du nombre des neuf Cégeps au Québec à offrir ce cours d’éducation physique en ligne à ses étudiants, dès la session automnale. Toutefois, il ne s’adresserait pas à tous les étudiants, selon la directrice générale de l’établissement.

Représentant 600 enseignants au Québec, le Regroupement des enseignants d’éducation physique au Collégial a vivement dénoncé la mise en place de cette « nouvelle méthode d’enseignement » à Radio-Canada, la semaine dernière. Le représentant du regroupement, Jérôme Leriche, croit que cette nouvelle façon de proposer l’éducation physique, dans le cadre du projet Cégep virtuel à lequel est associé le Cégep de La Pocatière, va à contre-courant des efforts faits pour diminuer la sédentarité et l’obésité chez les jeunes.

Selon lui, le cours d’éducation physique est encore un des seuls qui force les étudiants à quitter leurs écrans et à bouger. En plus, il estime que ce projet-pilote va à l’encontre des objectifs ministériels du cours d’éducation physique, comme le développement de la confiance en soi, la coopération, le respect des différences et de l’autre. À son avis, ces compétences ne peuvent qu’être développées par une présence « en classe. »

Pas pour tout le monde

Partie prenante du projet « Cégep virtuel » depuis ses débuts en 2017, le Cégep de La Pocatière offrira donc ce cours d’éducation physique « en ligne », actuellement en développement, dès la session d’automne 2019. Toutefois, ce sont des enseignants du Cégep de l’Abitibi-Témiscamingue qui seront responsables de l’enseignement.

Selon la directrice générale de l’institution pocatoise, Marie-Claude Deschênes, il s’adressera toutefois aux étudiants ayant un parcours scolaire atypique. « On parle d’étudiants qui rencontrent des conflits d’horaire, qui ont pris du retard dans leur DEC, ou qui veulent prendre de l’avance dans leur scolarité », énumère-t-elle.

« On parle d’étudiants qui rencontrent des conflits d’horaire, qui ont pris du retard dans leur DEC, ou qui veulent prendre de l’avance dans leur scolarité. » – Marie-Claude Deschênes

Au préalable, chacun de ces étudiants devra rencontrer un conseiller pédagogique qui évaluera s’il est un « bon candidat » pour ce type de formation. Cependant, Marie-Claude Deschênes rappelle que dans tout le processus d’apprentissage, jamais l’étudiant ne se retrouvera seul, livré à lui-même. « Le principe de “Cégep virtuel” c’est que l’ensemble des cours sont donnés en mode “syncro.” De façon régulière, l’enseignant est en contact avec l’étudiant de façon individuelle ou dans le cadre d’un enseignement de groupe fourni “en ligne” », précise-t-elle.

Lorsque l’étudiant devra passer de la théorie à la pratique, des applications liées à la plateforme « Cégep virtuel » doivent permettre à l’enseignant d’évaluer les connaissances acquises par l’étudiant. « C’est sûr qu’il est encore trop tôt pour mesurer les résultats de cette méthode d’enseignement en éducation physique, mais nous avons quand même vu le plan de cours et nous avons été en mesure de constater le sérieux de l’équipe qui a travaillé sur ce projet-pilote. Au final, nous sommes sûrs que les résultats seront positifs », de déclarer Marie-Claude Deschênes.

Nouveau?

Deux autres cours d’éducation physique sont actuellement offerts depuis quelques années sous un principe qui peut s’apparenter à celui de « Cégep virtuel », mais dans le cadre de la formation « Cégep à distance. » Contrairement à « Cégep virtuel », Marie-Claude Deschênes rappelait que les formations « à distance » étaient « asyncho », c’est-à-dire que l’étudiant n’est pas en contact avec un enseignant. « C’est la réalité d’aujourd’hui. Des DEC complets sont réalisés à distance, aujourd’hui, en 2019. Et si on sort du Québec, nous sommes loin d’être précurseurs avec nos cours d’éducation physique offerts à distance », a-t-elle ajouté.

Toutefois, pour la coordonnatrice du département d’éducation physique du Cégep, Francine Lamarre, tous les enseignants de cette branche au sein de l’établissement s’opposeraient farouchement à ce cours virtuel pour les mêmes raisons citées par M. Leriche. Selon elle, les cours d’éducation physique offerts dans le cadre de « Cégep à distance » non rien à voir avec celui de l’ensemble 2 proposé dans le projet « Cégep virtuel. » Elle indique même qu’il aurait été démontré par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur que ce dernier est difficilement enseignable en mode téléenseignement.