Selon la plus récente étude de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) sur les naissances et la fécondité, le Bas-Saint-Laurent affiche en 2024 un indice de fécondité de 1,35 enfant par femme, un niveau légèrement supérieur à la moyenne québécoise de 1,33, mais qui place tout de même la région parmi celles où l’on fait le moins d’enfants au Québec.
L’indice de fécondité au Québec en 2024, à 1,33 enfant est le plus faible jamais enregistré. Au sommet de ce classement à la baisse, Montréal reste la région la moins féconde, avec 1,11 enfant par femme. La Capitale-Nationale suit avec 1,30. Le Bas-Saint-Laurent, à 1,35 occupe le troisième rang des régions où la fécondité est la plus faible, devant la Mauricie à 1,39.
Pour comprendre le portrait régional, l’étude rappelle que la fécondité s’est maintenue au-dessus de 1,6 enfant par femme entre 2006 et 2017, atteignant même 1,73 en 2008 et 2009, avant de décroître presque continuellement jusqu’au creux actuel. Le niveau de 2024 est désormais inférieur au précédent minimum de 1,36 enfant par femme observé en 1987.
Des mères plus jeunes
Sur le plan de l’âge à la maternité, le Bas-Saint-Laurent se distingue moins par un écart extrême que par un léger retard sur la moyenne provinciale. Pour l’ensemble du Québec, l’âge moyen à la maternité atteint 31,4 ans en 2024, tous rangs de naissance confondus, alors que pour le Bas-Saint-Laurent, il se situe légèrement au-dessus de 30 ans, avec un âge moyen de 30,1 ans. À l’échelle du Québec, l’ISQ précise qu’en 2001, aucune région n’affichait un âge moyen à la maternité supérieur à 30 ans, alors qu’en 2024, c’était le cas de 11 régions.
Champion de l’union libre
L’un des constats les plus tranchés pour le Bas-Saint-Laurent ne se situe pas dans le nombre d’enfants, mais dans la forme familiale. Plus de la moitié des enfants naissent désormais au Québec au sein d’un couple en union libre. En 2023, 54 % des mères vivaient en union libre, 39 % étaient mariées, et près de 8 % ne vivaient pas en couple.
L’étude souligne aussi que la plus forte proportion de naissances en union libre se trouve précisément dans le Bas-Saint-Laurent. En 2023, 81 % des bébés nés dans notre région avaient une mère vivant en union libre. Ce taux place la région bien au-dessus de la moyenne provinciale, et en contraste avec Montréal et Laval, où les naissances issues de mères mariées restent proportionnellement plus nombreuses. Le Bas-Saint-Laurent se distingue ainsi comme un territoire où l’union libre est devenue le cadre quasi exclusif de fondation de la famille, selon les données de l’ISQ.
Un équilibre démographique fragile
Pris ensemble, ces indicateurs dessinent un portrait clair. Le Bas-Saint-Laurent est une région où l’on fait un peu plus d’enfants que la moyenne québécoise en 2024, mais qui reste tout de même dans le groupe des régions les moins fécondes.
Le vieillissement, un âge moyen à la maternité d’un peu plus de 30 ans, et une proportion très élevée de familles en union libre composent un équilibre démographique fragile, que l’étude de l’ISQ permet désormais de documenter avec précision.
