Publicité

Bernard Généreux dénonce le « gaspillage de fonds publics » pour le logiciel Cúram

Bernard Généreux. Photo : Archives Le Placoteux

Le député conservateur de Côte-du-Sud–Rivière-du-Loup–Kataskomiq–Témiscouata, Bernard Généreux, hausse le ton contre le gouvernement libéral qu’il accuse d’une nouvelle dérive budgétaire majeure, cette fois liée au projet informatique fédéral Cúram. Selon les plus récentes estimations, la modernisation des systèmes servant au versement de prestations sociales pourrait désormais coûter 6,6 milliards $, soit environ quatre fois plus que le plan initial.

Après le fiasco du système de paie Phénix, plusieurs observateurs s’inquiètent de voir le gouvernement fédéral s’engager dans ce qui pourrait devenir un autre chantier technologique aux ratés coûteux, comparable à la saga SAAQclic au Québec.

Un logiciel au cœur de prestations essentielles

Le logiciel Cúram est utilisé par le gouvernement fédéral pour gérer le versement de diverses prestations, incluant notamment l’assurance-emploi, le régime de pensions fédérales, la sécurité de la vieillesse, ainsi que le supplément de revenu garanti. Des programmes qui touchent directement des centaines de milliers de citoyens. Or, le projet, lancé afin de moderniser des systèmes informatiques jugés désuets, prend une tournure de plus en plus inquiétante, tant sur le plan financier que sur le plan de l’exécution.

Explosion des coûts

En 2017, Ottawa estimait que le déploiement de Cúram coûterait au moins 1,75 milliard $. Aujourd’hui, la facture anticipée s’élèverait à 6,6 milliards $, une hausse spectaculaire qui alimente les critiques de l’opposition.

« En tant que conservateurs, nous ne pouvons qu’être inquiets du déroulement de la mise en œuvre des systèmes informatiques au fédéral, après les ratés des logiciels pendant la pandémie. Il semble impossible pour le gouvernement libéral de contrôler les coûts de déploiement, peu importe le projet. Et ce n’est pas terminé… La vérificatrice générale nous a indiqué que les délais pourraient s’étirer jusqu’à quatre années supplémentaires, alors qu’ils sont déjà dépassés. C’est un autre exemple flagrant de la mauvaise gestion libérale », a déclaré Bernard Généreux dans un bref échange de courriel avec Le Placoteux.

Le Bloc québécois a aussi dénoncé la situation. Andréanne Larouche, porte-parole bloquiste en matière d’aînés, n’a pas mâché ses mots. « C’est six fois la valeur de SAAQcliq, sans rappeler les problèmes du gouvernement avec la plateforme de paie Phénix », a-t-elle affirmé, soulignant l’ampleur du dépassement financier et le risque d’impact pour les personnes vulnérables.

La vérificatrice générale l’avait pressenti

Le rapport déposé en 2023 par la vérificatrice générale du Canada avait déjà sonné l’alarme. À l’époque, elle évaluait que le programme atteindrait 2,5 milliards $, soit 43 % de plus que l’estimation initiale, tout en avertissant que les coûts pourraient continuer de grimper. Or, avec la nouvelle projection à 6,6 milliards $, les craintes exprimées il y a deux ans paraissent aujourd’hui presque jovialistes.

Malgré tout, le gouvernement Carney soutient que les problèmes survenus dans la livraison de certaines prestations ne sont pas liés à la migration informatique vers Cúram. Ottawa évoque plutôt des « changements démographiques » qui auraient transformé rapidement le bassin de personnes admissibles, compliquant la gestion des demandes.

L’opposition demeure toutefois sceptique et réclame des explications, particulièrement face aux retards potentiels et à l’escalade des coûts.