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La biodiversité, qu’est-ce que ça mange?

Peut-être avez-vous entendu parler de la sixième extinction de masse que la Terre connaît? Au mois de juillet 2017, la nouvelle est tombée suite à la parution d’une étude dans la prestigieuse revue Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America.

Valérie Boulet-Thuotte

Sur un échantillon de 177 espèces de mammifères, 40 % d’entre elles ont observé un recul de leur population de 80 % de 1900 à 2015. L’étude conclut que pour éviter l’anéantissement du vivant, les sociétés ont 30 à 40 ans pour renverser la tendance. Malgré quelques critiques, cette étude a réveillé plusieurs consciences.

Qu’est-ce que la biodiversité?

La biodiversité comprend toutes les espèces de l’ours blanc à la minuscule bactérie, en passant par l’humain. Elle inclut toutes les interactions entre les espèces et leur milieu. On parle alors d’écosystème. Si une espèce disparaît de cet ensemble, celles lui étant reliées seront fragilisées parce qu’incapables de s’adapter rapidement à ce bouleversement.

Les changements climatiques, la pollution de l’air, de l’eau, les espèces envahissantes, l’empiètement des milieux naturels par les activités humaines (développement urbain, activités minières et forestières, etc.) sont les principales causes affectant notre biodiversité.

L’humain dépend de la biodiversité pour se nourrir, s’abreuver et respirer. Pensons au travail de pollinisation des insectes pour la production agricole et à la végétation qui filtre les polluants de l’eau et de l’air et produit l’oxygène. De plus, un écosystème comme les milieux humides atténuent les effets des inondations et des sécheresses en agissant comme tampon. L’homme utilise la biodiversité pour se loger et pour travailler (pêcheries, foresteries, agriculture, tourisme, etc.). Des écosystèmes en santé seront nos principaux alliés pour atténuer les impacts des changements climatiques. Bref, l’humanité n’est rien sans la biodiversité.

Et maintenant, que fait-on?

Le Québec a adhéré à deux conventions internationales visant la protection de la biodiversité et exigeant des états signataires qu’ils protègent d’ici 2020, 18 % de leur territoire et 10 % de leurs espaces marins. La province traîne la patte avec un 9,72 % en milieu terrestre et 3,65 % du côté marin et ce bien en deçà de la moyenne des pays signataires. Le Québec doit viser l’atteinte de ces cibles autant au sud qu’au nord pour que les générations futures connaissent les caribous de Val-d’Or et ceux de Gaspésie, par exemple, tous menacés de disparition.

À court terme, les municipalités et les MRC gagneraient à faire l’inventaire des milieux naturels sur leur territoire (marais côtiers, forêts, tourbières, prairies, etc.) et à dresser un plan de protection et de mise en valeur de ces derniers. L’embauche de personnel qualifié comme des biologistes et des techniciens en milieux naturels est primordiale. L’introduction des plantes indigènes, utiles à la faune et mieux adaptées aux conditions climatiques locales dans les aménagements paysagers et une réflexion sur les façons d’obtenir des revenus autrement que par l’expansion urbaine empiétant sur les milieux naturels, si utiles aux communautés, seront nécessaires.

Les citoyens peuvent ajouter des plantes indigènes dans leurs plates-bandes, devenir acquéreurs de parcelles de milieux naturels à conserver ou aménager leur forêt privée pour favoriser la biodiversité. À cet effet, la Fondation de la faune du Québec propose des guides d’aménagement disponibles sur son site Internet. Soutenir des organismes comme Nature Québec, la Fondation de la faune du Québec, la Société pour la nature et les parcs du Canada, et s’abonner à leur infolettre sont des moyens simples d’agir.

Les entreprises privées peuvent quant à elles soutenir les organismes ci-haut mentionnés, participer au programme local de reboisement d’Arbre-évolution ou encore adopter un habitat proposé par la Fondation de la faune du Québec.