Les employés du Camping Rivière-Ouelle, représentés par l’Union des employés de service (UES800), affiliée à la FTQ, ont déclenché une grève générale illimitée. Selon le syndicat, cette décision est survenue après plusieurs mois de tensions marquées par des congédiements contestés, des postes laissés vacants, et des négociations qui n’ont pas permis de dégager d’entente entre les parties.
Par voie de communiqué, le syndicat affirme que le conflit trouve son origine dans une série d’événements qui ont profondément affecté le climat de travail au sein de l’organisation. « À la suite du dépôt de griefs par trois employé(es), et le jour même de l’entrée en fonction d’un nouveau directeur général, deux employés comptant chacun plus de 35 années de service ont vu leur emploi prendre fin. Le conseil d’administration soutient qu’il s’agissait de démissions, une version que contestent les personnes concernées ainsi que le syndicat », lit-on.
L’organisation soutient aussi que la présidente de l’unité syndicale, Nancy Gagné, a également perdu son emploi après s’être présentée sur les lieux de travail dans le cadre de ses fonctions syndicales, afin de s’informer de la situation. « Tout ce que je demande, c’est du respect et de la reconnaissance pour des membres qui ont donné des années à cette organisation. Aujourd’hui, ce respect est sérieusement remis en question », affirme Nancy Gagné.
Face à ces événements, les membres ont tenu une assemblée extraordinaire le 1er mai dernier. À cette occasion, ils ont accordé à 87 % un mandat de grève pouvant aller jusqu’à la grève générale illimitée.
Réduction des effectifs dénoncée
Le syndicat dénonce également la décision de l’employeur de ne pas remplacer plusieurs postes devenus vacants au cours des derniers mois. L’organisation affirme que deux départs à la retraite n’ont pas été remplacés, et que certaines fonctions ont été abolies, notamment le poste de sécurité de nuit. Selon le syndicat, cette ressource contribuait à la surveillance du site, à la prévention des incidents, ainsi qu’au soutien des activités courantes. Alors qu’une équipe de treize personnes assumait auparavant ces responsabilités, les tâches seraient désormais réparties entre neuf employés.
« Nos membres ont vu leur charge de travail augmenter considérablement au fil des mois. Ils ont le sentiment de ne pas être entendus, et de ne plus avoir les ressources nécessaires pour accomplir adéquatement leur travail », soutient Frédéric Morin, conseiller syndical à l’UES800.
Six rencontres de négociation ont eu lieu jusqu’à présent entre les parties. Selon le syndicat, plusieurs enjeux demeurent en litige, notamment la réintégration des personnes dont l’emploi a été perdu, ainsi que le remplacement des postes vacants. Aucune séance de négociation n’a pour l’instant permis de rapprocher les positions.
Malgré cela, le syndicat affirme que les moyens de pression ne visent pas la clientèle du camping. Les campeurs pourront continuer à accéder au terrain, et à circuler librement sur le site. Toutefois, la réduction importante des effectifs pourrait entraîner des délais ou des perturbations dans certains services », stipule le communiqué. « Nous souhaitons que cette situation se règle rapidement. La porte demeure ouverte pour reprendre les discussions, et trouver des solutions permettant de rétablir un climat de travail sain et respectueux pour l’ensemble des personnes concernées », conclut Frédéric Morin.
Aucun commentaire
Le président de la corporation touristique, Benoit Martin, n’a pas voulu commenter la situation, notamment, dit-il, parce que certains éléments sont judiciarisés. L’homme a toutefois confirmé que les campeurs ont accès au site et à leur terrain réservé, et que les services sont maintenus.

