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Capture du président vénézuélien, Nicolás Maduro : Bernard Généreux inquiet pour l’économie canadienne

Bernard Généreux. Photo : Archives Le Placoteux

À l’instar de son chef Pierre Poilièvre, le député conservateur de Côte-du-Sud–Rivière-du-Loup–Kataskomiq–Témiscouata, Bernard Généreux, a salué la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, survenue dans la nuit du 3 janvier lors d’une opération menée par les États-Unis. Il croit cependant que le Canada devra davantage diversifier ses marchés d’exportation du pétrole afin de demeurer concurrentiel, en raison de l’accroissement du contrôle des ressources du Vénézuéla par l’industrie pétrolière de nos voisins du sud.

Bien que cette intervention militaire soulève des questions en matière de droit international et d’éthique diplomatique, le député local estime tout de même que Donald Trump a posé un geste lourd de sens. « Je crois que plusieurs pensent que le président américain a posé un geste important, et que, avant lui, personne n’avait osé s’attaquer au dossier de ce dictateur », a-t-il affirmé prudemment lors d’un échange de courriel avec Le Placoteux.

Le chef conservateur du Canada, Pierre Poilièvre, a pour sa part adopté un ton nettement plus affirmé. Sur les réseaux sociaux, il a décrit la capture du président Maduro comme un pas vers la liberté pour le peuple vénézuélien, soulignant au passage que le régime en place constituait un obstacle majeur à la démocratie. Rappelons que l’épouse de Pierre Poilièvre, Anaida Poilièvre, est originaire de ce pays. « Félicitations au président Trump pour l’arrestation du narcoterroriste et dictateur socialiste Nicolás Maduro, qui devrait finir ses jours en prison. Le vainqueur légitime des dernières élections vénézuéliennes, Edmundo González, devrait prendre ses fonctions aux côtés de María Corina Machado, héroïne courageuse et porte-parole du peuple vénézuélien. Fini le socialisme. Vive la liberté ! », a-t-il écrit.

Un enjeu pétrolier majeur

Au-delà de la dimension politique, Bernard Généreux se dit toutefois préoccupé par les répercussions économiques et énergétiques potentielles de cette arrestation. Précisons que le Vénézuéla possède les plus importantes réserves de pétrole prouvées au monde, évaluées à environ 303 milliards de barils, soit près de 18 % des réserves mondiales. Dans un contexte où l’administration Trump multiplie les tarifs douaniers envers plusieurs partenaires commerciaux — dont le Canada —, certains observateurs craignent que Washington cherche à accroître son contrôle sur le secteur pétrolier vénézuélien afin d’en exploiter le potentiel, ce qui aurait pour effet de possiblement fragiliser l’économie canadienne.

En effet, le Canada est l’un des grands joueurs mondiaux du pétrole, se classant au troisième rang pour les réserves prouvées avec environ 170 milliards de barils, dont plus de 95 % sont situés en Alberta, principalement dans les sables bitumineux. Le pays produit en moyenne près de cinq millions de barils par jour, ce qui en fait le quatrième producteur mondial derrière les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie. Environ 80 % de cette production est exportée, presque exclusivement vers les États-Unis, ce qui rend l’économie pétrolière canadienne fortement dépendante du marché états-unien.

Même si la production pétrolière du Vénézuéla demeure aujourd’hui bien inférieure à son potentiel en raison des sanctions et du sous-investissement chronique, une éventuelle relance du secteur pourrait, à moyen ou long terme, exercer une pression concurrentielle sur le pétrole canadien. Cette inquiétude a d’ailleurs été perceptible sur les marchés financiers, alors que les actions de certaines grandes compagnies pétrolières canadiennes ont reculé dans les jours suivants l’annonce.

Malgré tous ces faits, Bernard Généreux nuance la situation en proposant des pistes de solution. « En ce qui concerne le pétrole, avant que le Vénézuéla puisse réellement concurrencer le Canada en matière de production et de stabilité politique, il s’écoulera encore plusieurs décennies », estime-t-il. Selon lui, cette situation renforce plutôt la nécessité pour le Canada de diversifier ses marchés d’exportation. « C’est pourquoi nous devons chercher à devenir le plus indépendants possible des États-Unis en exportant davantage notre pétrole ailleurs », a-t-il conclu.