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Déficit d’infrastructure : Le Cégep de La Pocatière élabore un plan sur dix ans

Cégep de La Pocatière. Photo : Archives Le Placoteux

Pendant que le réseau collégial québécois « craque de partout », le Cégep de La Pocatière confirme à son tour faire face à un important déficit d’entretien de ses infrastructures. Et si la situation n’est pas unique, elle n’en demeure pas moins préoccupante. L’établissement a par ailleurs dû élaborer une planification de travaux sur plusieurs années afin de remettre ses installations à niveau, tout en maintenant des milieux d’apprentissage sécuritaires.

Dans un échange de courriels avec Le Placoteux, Frédéric Busseau, coordonnateur au Service des communications et du développement des effectifs étudiants au Cégep de La Pocatière, explique que plusieurs besoins majeurs ont été identifiés et placés parmi les priorités à moyen et long terme. « Comme plusieurs établissements du réseau collégial, nous faisons face à un important déficit d’entretien, notamment en architecture et en mécanique du bâtiment. Nous avons donc élaboré une planification de travaux s’échelonnant sur dix ans afin de remettre nos infrastructures à niveau. »

La piscine

Parmi les dossiers qui retiennent l’attention, on retrouve la piscine du Cégep. Selon la planification interne, sa rénovation fait bel et bien partie des besoins identifiés. Toutefois, le projet de 12 M$ n’est pas encore coulé dans le béton, bien que le montant de l’objectif financier atteigne désormais 10,88 M$, grâce notamment à un généreux montant de 250 000 $ octroyé par la multinationale Alstom.

« À titre d’exemple, la rénovation de la piscine fait partie des besoins identifiés dans notre planification à long terme. À ce stade, il s’agit d’un projet inclus dans notre liste de priorités, mais qui demeure conditionnel à ce que nous complétions le montage financier nécessaire. S’il va de l’avant, le projet de la piscine s’échelonnera sur plus d’une année », précise M. Busseau.

Résidences de la 13e Avenue

Le Cégep a également des travaux importants prévus du côté des résidences étudiantes situées sur la 13e Avenue. L’établissement prévoit un chantier évalué à 7 M$ pour la rénovation des trois blocs, ainsi que d’importants travaux de rénovation pour les espaces utilisés par le programme de Techniques d’éducation spécialisée, évalué à 2 M$. « Ces investissements sont essentiels pour maintenir des environnements d’apprentissage fonctionnels et sécuritaires, et pour être en mesure de répondre adéquatement aux besoins croissants de notre communauté étudiante », ajoute Frédéric Busseau.

En somme, pour l’année en cours, le Cégep de La Pocatière a identifié des investissements de plusieurs dizaines de millions de dollars pour ses divers besoins en infrastructures. « À ces projets s’ajoute la rénovation du quatrième bloc de résidences (5 M$) prévue pour l’an prochain, ce qui porte à 26 M$ les grands chantiers déjà quantifiés jusqu’en 2026-2027. Pour nous, 2026 représente une année historique d’investissements, notamment en raison de l’ampleur du projet de la piscine », souligne M. Busseau.

La sécurité

Sur la question délicate de la sécurité des bâtiments, le Cégep se veut catégorique : aucune tolérance lorsque des risques sont détectés. « Concernant la sécurité des lieux, dès qu’un espace présentait un risque, nous avons toujours immédiatement retiré les étudiants et le personnel afin d’assurer leur protection. C’est une règle non négociable pour nous », assure Frédéric Busseau.

Il s’agit d’une précision importante, alors que plusieurs établissements du Québec ont dû, dans les dernières années, fermer des pavillons ou imposer des restrictions d’accès à certains secteurs en raison de problématiques structurelles, d’infiltration d’eau ou de ventilation déficiente.

Plan décennal

Toujours selon Frédéric Busseau, le plan décennal inclut également d’autres travaux de diverses envergures. « Il est encore trop tôt pour chiffrer ces interventions, car les montants dépendront des analyses techniques et des priorités lorsque nous arriverons à ces étapes. Nous avons d’ailleurs commencé à affecter des sommes, depuis quelques années, en prévision de ces travaux, car ce seront encore des investissements importants à faire sur nos infrastructures. »

Mathieu Rivest

L’institut collégial souligne également bénéficier d’une oreille attentive du côté politique. Selon M. Busseau, le député caquiste de Côte-du-Sud, Mathieu Rivest, est au fait des enjeux vécus sur le terrain. « Pour ce qui est du soutien politique, oui, notre député est très à l’écoute de nos enjeux et de nos besoins », confirme-t-il.

Un réseau sous pression

Le Cégep rappelle toutefois que ses difficultés s’inscrivent dans une problématique beaucoup plus large. Le réseau collégial québécois, selon la Fédération des cégeps, fait face à un déficit d’infrastructures sans précédent, pendant que les cohortes étudiantes augmentent. Le parc immobilier est vétuste, et 65 % des bâtiments sont en mauvais état — un portrait, dit-on, pire que celui des écoles primaires et secondaires.

« Les enjeux dépassent notre établissement, car tout le réseau collégial fait face à un déficit d’infrastructures sans précédent. Il faut réinvestir maintenant pour maintenir des milieux d’apprentissage sûrs, modernes, et alignés avec les ambitions que nous avons au Québec », conclut Frédéric Busseau.

Frédéric Busseau. Photo : Archives Le Placoteux