L’annonce soudaine du départ prochain de François Legault a pris de court la députation de la Coalition avenir Québec. Dans la circonscription de Côte-du-Sud, le député caquiste reconnaît avoir été profondément surpris par la décision de son chef.
« C’est une grosse nouvelle. Honnêtement, je pense que personne ne l’a vue venir », confie-t-il au Placoteux quelques instants après l’événement.
S’il parle d’un choc, l’élu tient toutefois à rappeler que François Legault demeurera premier ministre jusqu’à ce que la CAQ se choisisse un nouveau chef, assurant ainsi une transition que Mathieu Rivest souhaite stable et respectueuse. « Je vous confirme ce que j’entends, et ce sera sûrement avant le printemps. On ne partira pas cet été en campagne électorale avec un nouveau chef fraîchement nommé. On souhaite que cette transition-là se fasse assez rapidement », confie-t-il.
Un hommage senti
Au-delà des considérations organisationnelles, Mathieu Rivest a surtout tenu à rendre un hommage à l’homme derrière le chef. Il rappelle que son propre engagement politique est indissociable de la confiance que lui a accordée François Legault. « Si j’ai la chance de faire de la politique aujourd’hui, c’est parce qu’il m’a confié ce mandat-là », affirme-t-il. Il évoque aussi les débuts de la Coalition avenir Québec, cette « troisième voie » qui s’est imposée dans le paysage politique en misant sur l’identité québécoise, la laïcité et le désir de rassembler.
Pour le député de Côte-du-Sud, François Legault a été bien plus qu’un chef de parti. Il a été un mentor. « Il m’a appris énormément, autant sur le plan politique que sur le plan humain. Il a su bâtir une équipe, nous faire confiance, et nous motiver à prendre des décisions difficiles. Cette relation-là va rester gravée à jamais dans mon parcours », explique-t-il.
Sur le plan du bilan, l’élu reconnaît sans détour que le premier ministre a été durement jugé par la population au cours des derniers mois. « À un moment donné, quand les Québécois souhaitent du changement, ça se ressent sur le terrain. » Il estime néanmoins que François Legault quitte « probablement au bon moment », après une réflexion amorcée durant la pause des Fêtes.
Selon lui, cette décision est d’abord motivée par l’amour du Québec, du parti et de la famille caquiste. « Il le fait pour le bien du Québec », résume-t-il, convaincu que le premier ministre a voulu permettre à sa formation politique d’aborder la prochaine étape avec lucidité.
Le député rappelle par ailleurs que le legs de François Legault est considérable. Il cite notamment les grands dossiers structurants qui continueront de marquer l’avenir du Québec, dont Churchill Falls, la révision de la rémunération des médecins, ainsi que plusieurs réformes importantes en agriculture, en culture et en économie. « On a pris des décisions audacieuses. Je peux vous dire qu’on ne s’est pas « pogné les fesses » dans les dernières années », lance-t-il, assumant le caractère parfois confrontant de certaines politiques.
M. Rivest souligne également l’importance des investissements consentis en culture sous le gouvernement Legault. Il cite notamment le projet du Musée national de l’histoire du Québec, qu’il considère comme un legs majeur pour les générations à venir. « On investit beaucoup en culture, même dans un contexte économique qui n’est pas facile. Le Musée national de l’histoire du Québec, de ce que j’entends, ça va être phénoménal », souligne-t-il, estimant que ce projet constitue un héritage structurant pour la mémoire collective et l’identité québécoise.
La suite
À huit mois des élections générales, Mathieu Rivest demeure catégorique : il n’a aucune intention de briguer la chefferie de la CAQ, ni de prendre position dans l’immédiat pour un potentiel successeur. « Ce n’est pas du tout dans mon état d’esprit. Quand je dis que c’est un choc, c’est aussi parce qu’on n’était pas du tout dans une dynamique de succession », ajoute-t-il.
Le député local a également tenu à rendre hommage à l’épouse du premier ministre. « J’ai aussi une pensée toute particulière pour Isabelle. Nos discussions sur la culture, sur notre attachement à l’identité du Québec et sur la philanthropie culturelle demeurent marquantes pour moi. »
Malgré le départ annoncé du chef fondateur de la Coalition avenir Québec, Mathieu Rivest se montre confiant, et estime que sa formation dispose de bases suffisamment solides pour traverser cette période charnière. « François Legault a bâti une équipe solide et fière. Je suis convaincu que notre formation saura traverser cette transition tout en demeurant fidèle à l’esprit qui l’a portée depuis ses débuts », a-t-il conclu.

