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Duhaime et Poulin veulent alléger la paperasse des agriculteurs

Éric Duhaime a choisi la Côte-du-Sud pour présenter sa plateforme en agriculture. Photo : José D. Soucy

Le Parti conservateur du Québec veut réduire le poids de la réglementation dans le monde agricole et donner davantage de latitude aux producteurs et aux régions. Le chef Éric Duhaime et son porte-parole en matière d’agriculture, Frédéric Poulin, candidat dans Côte-du-Sud, ont présenté leur plateforme agricole le jeudi 17 septembre à la Ferme Laitourneau, à Saint-Pierre-de-la-Rivière-du-Sud.

Au cœur des propositions conservatrices se trouvent notamment un gel de toute nouvelle réglementation restrictive pendant quatre ans, une réforme de la protection du territoire agricole et un allègement des démarches administratives. Le PCQ estime que la multiplication des normes et de la paperasse exerce une pression devenue trop importante sur les producteurs.

« Les producteurs agricoles sont ceux qui travaillent fort, sept jours sur sept, pour nourrir le Québec. Chaque jour, ils se lèvent tôt et soutiennent la population entière, et ce, par passion. Pour le PCQ, le métier d’agriculteur est l’un des plus importants, voire le plus important pour la nation québécoise », affirme Frédéric Poulin.

Moins de réglementation

Le PCQ s’engage à ne mettre en place aucune nouvelle réglementation restrictive en agriculture pendant quatre ans. La formation veut également diminuer la paperasse, alléger la réglementation existante et effectuer une veille continue afin de s’assurer que les règles québécoises demeurent compétitives face à celles de ses voisins.

« Les producteurs nous demandent de les laisser travailler. Ils veulent moins de formulaires, des règles prévisibles et des réponses plus rapides. Notre plan leur redonne du temps pour leur ferme et permet à la relève de faire avancer ses projets à moindre coût, sans sacrifier les terres fertiles », ajoute M. Poulin.

Pour appuyer son constat, le parti cite un rapport de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante portant sur les agriculteurs canadiens. Selon les données reprises dans la plateforme, 89 % des répondants estiment que l’avenir de l’agriculture est menacé par la paperasserie, 90 % qu’elle nuit à leur productivité et à leur croissance, et 95 % disent en ressentir du stress. Le PCQ avance que ces constats pourraient être encore plus importants au Québec en raison du poids de la réglementation.

« Vous êtes des agriculteurs, pas des fonctionnaires. En simplifiant les règles, en accélérant les décisions et en sécurisant la transformation, on enlève des obstacles concrets à ceux qui nourrissent le Québec », a précisé Éric Duhaime.

Revoir la protection du territoire agricole

Éric Duhaime et Frédéric Poulin proposent aussi une réforme de la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles. Le parti reconnaît la nécessité de protéger les terres agricoles et de disposer d’un cadre pour contrôler l’étalement urbain, mais considère que les règles actuelles sont trop rigides dans certaines situations.

Une éventuelle réforme serait précédée d’une consultation des acteurs concernés. Le PCQ souhaite notamment donner davantage de latitude aux MRC pour le morcellement de terres non dynamiques destiné à des projets agricoles en circuit court. Il promet également de diminuer les délais de traitement des dossiers à la Commission de protection du territoire agricole du Québec.

La transformation alimentaire comme service essentiel

Un autre engagement concerne la transformation alimentaire primaire. Les conservateurs veulent en faire un service essentiel et imposer un service minimum aux transformateurs concernés afin d’éviter le gaspillage lors d’interruptions de la chaîne de production.

Le parti fait notamment référence aux conséquences que peuvent entraîner des grèves ou des lock-out dans les abattoirs et les usines de transformation laitière, alors que les producteurs disposent parfois de peu de solutions de rechange pour leurs animaux ou leur production.

Un coup de pouce à l’industrie bovine

Le PCQ veut par ailleurs instaurer un programme de garantie de prêts pour l’industrie du bœuf inspiré du modèle ontarien. Le gouvernement garantirait 25 % du prêt, notamment pour permettre aux producteurs de financer l’achat de jeunes bovins jusqu’à leur vente.

Selon les données présentées par le parti, le cheptel de bouvillons au Québec serait passé de 230 000 à 60 000 têtes entre 2012 et 2021. Le PCQ soutient qu’un programme de garantie pourrait contribuer à la relance du secteur et à l’autonomie alimentaire du Québec.

Les régions décideraient pour les éoliennes

La plateforme aborde également la présence d’éoliennes en territoire agricole. Le PCQ veut régionaliser les décisions entourant leur implantation et laisser les régions, les MRC et les municipalités décider davantage elles-mêmes de leur développement.

La formation considère que l’acceptabilité sociale doit être prise en compte et propose que les projets puissent aller de l’avant sans que l’accord du gouvernement provincial soit nécessaire. Les pouvoirs accordés aux différents paliers de gouvernance seraient précisés à la suite d’une consultation avec le monde municipal et régional.

Enfin, le Parti conservateur réitère dans sa plateforme son appui au maintien de la gestion de l’offre, invoquant notamment la protection des fermes et l’autonomie alimentaire.