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Itinérance : Pour une meilleure reconnaissance des spécificités rurales

Les membres de la TREMBSL. Photo : Courtoisie

L’itinérance ne se vit pas au Bas-Saint-Laurent comme dans les plus grands centres. Si à Montréal ou à Québec, voir des gens dormir sur des bancs de parc est malheureusement devenu une chose de plus en plus courante, chez nous, c’est rare. Mais ça ne signifie pas que l’itinérance est absente, au contraire. Ici, elle est cachée. Les membres de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL) veulent que les particularités régionales soient reconnues.

L’organisation a récemment déposé un mémoire qui met en évidence les enjeux et des besoins spécifiques aux situations d’itinérance et d’instabilité résidentielle sur son vaste territoire, à l’occasion des Consultations nationales sur les prochaines orientations en matière de santé mentale, d’itinérance et de dépendance. Le document met en évidence les enjeux et les besoins spécifiques aux situations d’itinérance et d’instabilité résidentielle sur son vaste territoire.

Selon la TREMBSL, au Bas-Saint-Laurent, 57 % des ménages locataires en situation de pauvreté occupent un logement considéré comme inabordable, et 59 % jugent qu’il serait difficile de se reloger s’ils devaient quitter leur habitation actuelle. Dans les dernières années, 18 % de la population bas-laurentienne déclare avoir eu de la difficulté à répondre à ses besoins essentiels et à ceux de sa famille, une fois les frais d’habitation payés.

Plusieurs recommandations

Dans son mémoire, la TREMBSL formule 16 recommandations pour favoriser l’inclusion formelle et concrète des milieux ruraux et régionaux dans les politiques et programmes gouvernementaux en itinérance.

Puisque ces politiques sont généralement développées sur la base de réalités urbaines, et que les milieux ruraux sont peu consultés, les organismes se retrouvent à devoir moduler leurs plans d’action selon des programmes inadaptés à leur réalité. Pour inverser cette tendance, la TREMBSL demande au gouvernement de fournir plus d’autonomie au niveau local et régional pour définir les besoins et les solutions adaptées aux réalités territoriales, d’assurer une stabilité de financement aux organismes communautaires qui interviennent en itinérance, et de fournir des ressources de soutien technique et des ressources financières aux municipalités pour accroître leur capacité d’action.

« Les enjeux structurels auxquels nos communautés sont confrontées, tels que le manque de services de proximité, d’une offre de transport collectif et de logements réellement abordables, viennent exacerber les vulnérabilités et les risques d’itinérance », affirment les membres qui, face à ces enjeux, demandent d’investir substantiellement dans les services de proximité en santé et services sociaux, et de préserver la région du Bas-Saint-Laurent des compressions en santé.

La TREMBSL demande aussi au gouvernement de soutenir les demandes régionales de financement des services de transport collectif au Bas-Saint-Laurent, de soutenir des logements sociaux et réellement abordables sur la base du revenu des ménages, d’investir massivement dans les infrastructures municipales, afin de permettre aux municipalités de mettre à niveau et de construire les réseaux qui pourront approvisionner de nouveaux logements, de relancer et de réinvestir dans les programmes Rénovation Québec et d’adaptation de domiciles, et de rétablir le plein financement du programme RénoRégion.

« L’itinérance est encore trop souvent perçue comme un enjeu métropolitain, alors qu’elle est bien présente dans nos milieux ruraux. L’itinérance vécue dans nos communautés est souvent moins visible, et donc sous-représentée dans les rapports de dénombrement. Nos communautés font face à des besoins spécifiques qui ne sont pas bien pris en compte ; il est temps de considérer l’expertise de nos organismes communautaires et de nos milieux municipaux pour définir des solutions adaptées », affirme Bruno Paradis, préfet de La Mitis et président de la TREMBSL, qui accueille favorablement la proposition d’organiser un sommet national sur l’itinérance afin de mobiliser toutes les voix, incluant celle des milieux ruraux et régionaux, afin de bâtir des solutions pour appuyer toutes les communautés québécoises.

Vincent Bérubé, maire de la Ville de La Pocatière et vice-président de la TREMBSL, note que les organismes offrant des services en itinérance au Bas-Saint-Laurent desservent un vaste territoire et une population diversifiée. « Ils doivent composer avec une instabilité financière récurrente, et des programmes mal adaptés qui génèrent souvent une surcharge administrative. Leur assurer un financement stable, reconnaître leur expertise, et leur fournir davantage d’autonomie sont des conditions essentielles pour qu’ils puissent se consacrer efficacement au service des personnes vulnérables. »