Jean Desjardins ne s’y attendait pas. Devant près de 200 convives réunis au Gala Reconnaissance 2026 de la Chambre de commerce Kamouraska-L’Islet, le président de la Corporation régionale de la Salle André-Gagnon a été appelé sur scène, surpris, pour recevoir la médaille du Député. Une reconnaissance remise par le député de Côte-du-Sud, Mathieu Rivest, qui vient souligner plus de trois décennies d’engagement au service de la collectivité kamouraskoise.
La distinction vient consacrer un parcours marqué par une implication constante dans les sphères municipale, culturelle, éducative et communautaire. Ancien maire de Saint-Denis-De La Bouteillerie, ex-président du Centre de santé et de services sociaux du Kamouraska, membre fondateur de la Corporation pour le maintien des lieux historiques de Saint-Denis, administrateur au Cégep de La Pocatière, au Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation, à l’École Destroismaisons musique et danse et chez Ruralys, Jean Desjardins est surtout associé, depuis près de vingt ans, à la Salle André-Gagnon.
Il y siège depuis 2005. Il en assume la présidence depuis 2008. Mais au-delà des titres, c’est la constance du geste et la profondeur de l’engagement qui ont été saluées. Une implication qui, au cours de la dernière année et demie, a pris la forme d’un chantier colossal : la réfection et l’agrandissement de la Salle André-Gagnon.
Ce projet majeur, évalué à 8,3 M$, n’est pas né du jour au lendemain. Ses racines remontent à 2015, lorsque les administrateurs de la Corporation ont dû se rendre à l’évidence : les infrastructures vieillissantes ne répondaient plus aux besoins des artistes professionnels ni à ceux du public. Avec l’accord du Cégep de La Pocatière, partenaire incontournable, une vaste réflexion s’est amorcée. Jean Desjardins, ingénieur de profession, a alors pris la tête du comité chargé de repenser l’avenir de cette salle devenue centenaire en 2022.
Un projet mobilisateur
Au fil des années, le projet a grandi, s’est précisé, s’est structuré. Une campagne de financement, menée par Mathieu Rivest, a permis de mobiliser le milieu et de récolter plus de 1,2 M$. À cette contribution s’ajoutent celles du ministère de la Culture et des Communications, à hauteur de 5 650 900 $, et de Patrimoine canadien, pour 1,3 M$, complétant le montage financier.
Pour Jean Desjardins, cette transformation dépasse largement une simple modernisation d’infrastructure. Il s’agit d’un véritable legs. Prévue pour le printemps 2026, la livraison de la nouvelle Salle André-Gagnon marque la dernière grande implication de celui qui a annoncé son intention de quitter ses fonctions à la fin de son mandat actuel. Un moment charnière, choisi avec justesse pour souligner son apport, accueilli avec l’humilité qui le caractérise.
Dans son discours de remerciement, Jean Desjardins a rappelé la portée collective du projet. Il a souligné la patience exigée par ce long processus, tout en insistant sur le résultat à venir : une infrastructure culturelle d’envergure, rare pour une région de cette taille, appelée à devenir un lieu de rassemblement et de fierté. Il a invité la population à s’approprier ce nouveau lieu, à l’habiter, à le faire vivre.
À la reconnaissance officielle du député se sont jointes celles des employés et des administrateurs de la Corporation régionale de la Salle André-Gagnon. Tous ont tenu à saluer un homme pour qui le mot engagement n’a jamais été un slogan, mais une pratique quotidienne.
