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Le bioalimentaire veut des engagements clairs

Graphique : Courtoisie

Le secteur bioalimentaire québécois demande au prochain gouvernement de faire de l’autonomie alimentaire et de la compétitivité de l’industrie une priorité. Six organisations représentant différents maillons de la chaîne, de la production agricole au commerce de détail, unissent leur voix pour réclamer un soutien gouvernemental à la hauteur de l’importance économique du secteur.

L’Union des producteurs agricoles (UPA), le Conseil de la transformation alimentaire du Québec (CTAQ), l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière (AQINAC), Sollio Groupe coopératif (SGC), l’Association des détaillants en alimentation du Québec (ADAQ) et le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD) ont formulé cette demande dans un communiqué publié le 26 août.

Le secteur compte plus de 81 000 entreprises, et soutient quelque 528 000 emplois dans toutes les régions du Québec. En 2025, son PIB réel s’établissait à 30,5 milliards $, soit 6,8 % du PIB québécois, tandis que les investissements atteignaient 3,8 milliards $. L’infographie publiée dans le communiqué indique pour sa part 527 855 emplois, soit 11,4 % des emplois au Québec.

Les organisations font valoir que les entreprises sont confrontées à un environnement commercial de plus en plus volatil, à une lourdeur administrative et réglementaire, à la hausse des coûts de production et d’exploitation, ainsi qu’à une pénurie persistante de main-d’œuvre. Les tensions commerciales avec les États-Unis sont également citées parmi les difficultés auxquelles le secteur doit faire face.

Dans ce contexte, la sécurité alimentaire est présentée comme un enjeu stratégique. Les tensions géopolitiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, et les changements climatiques sont notamment évoqués par les organisations, qui estiment que le Québec dispose d’un potentiel pour accroître son autonomie alimentaire.

« Les 29 000 entreprises agricoles de la province façonnent le visage de nos régions », affirme Martin Caron, président général de l’UPA. Il demande notamment un soutien gouvernemental à la hauteur des besoins des entreprises agricoles, une protection du territoire agricole, et un environnement d’affaires axé sur la compétitivité.

Pour Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du CTAQ, l’autonomie alimentaire ne doit pas être considérée comme acquise. Elle soutient que le prochain gouvernement devra soutenir la capacité du Québec à produire, transformer et commercialiser davantage d’aliments sur son territoire.

Sébastien Lacroix, président-directeur général de l’AQINAC, rappelle que derrière les fermes se trouve un réseau d’entreprises qui participent au fonctionnement de la chaîne agroalimentaire. Il souhaite que les partis politiques prennent des engagements concrets pour soutenir la compétitivité de l’ensemble du secteur.

Du côté de SGC, David Mercier, producteur agricole et vice-président du conseil d’administration, décrit l’agroalimentaire comme « un vecteur de prospérité ». Il estime que les producteurs et les transformateurs doivent pouvoir compter sur l’appui des gouvernements pour s’adapter à un environnement d’affaires changeant sans nuire à leur compétitivité.

Les détaillants souhaitent eux aussi être entendus. Pierre-Alexandre Blouin, président-directeur général de l’ADAQ, invite les partis politiques à rencontrer les détaillants de leurs circonscriptions afin de mieux comprendre leur réalité et leurs défis.

Michel Rochette, président Québec du CCCD, souligne de son côté que les détaillants et les distributeurs constituent un maillon essentiel entre les producteurs, les transformateurs et les consommateurs. Il affirme que le nombre de petites municipalités ne comptant plus aucun commerce de détail, même alimentaire, « a presque doublé en 20 ans ».

Les six organisations demandent finalement qu’un nouvel élan budgétaire, administratif et réglementaire soit donné au secteur dès le lendemain du scrutin. Elles estiment qu’une volonté politique est nécessaire pour permettre à la filière bioalimentaire québécoise d’atteindre son plein potentiel.