Le créneau d’excellence Tourbe et substrats étend officiellement son territoire à la Côte-Nord. Jusqu’à maintenant, le créneau couvrait principalement le Bas-Saint-Laurent, une région où se concentrent plusieurs tourbières, et une part importante de la production de tourbe horticole au Québec.
Hébergé par l’Association des producteurs de tourbe horticole du Québec, le créneau mobilise depuis près de 20 ans des entreprises, des chercheurs, des partenaires gouvernementaux, ainsi que des organisations locales et régionales. Son objectif est d’accélérer l’innovation, d’assurer une gestion responsable de la ressource, et de soutenir le rayonnement d’un secteur considéré comme essentiel à l’horticulture, à la sécurité alimentaire et à la bioéconomie québécoise.
L’ajout de la Côte-Nord au territoire du créneau repose sur plusieurs facteurs. La région compte de nombreuses entreprises productrices de tourbe qui génèrent des emplois et des retombées économiques importantes, de même que plusieurs sites de production actifs et en restauration. Le territoire regroupe également des acteurs clés, notamment des municipalités, des MRC, des centres de recherche, des services d’urgence, ainsi que des partenaires des milieux forestiers et horticoles. Cette expansion vise aussi à renforcer une collaboration interrégionale déjà engagée entre le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord.
Enjeux communs
La mission du Créneau demeure de rassembler les forces vives du secteur de la tourbe horticole, afin de travailler collectivement sur les enjeux communs. Ses axes stratégiques incluent le soutien à l’innovation pour permettre aux entreprises de demeurer à l’avant-garde des tendances du marché mondial, le développement et la rétention de la main-d’œuvre, la promotion de l’acceptabilité sociale par la mise en valeur de pratiques responsables, ainsi que l’optimisation des moyens de communication et de mobilisation à l’interne.
Le créneau offre un accompagnement au développement de projets collaboratifs structurants. Ces projets touchent notamment la recherche sur les tourbières et leur gestion responsable, la restauration écologique, les inventaires de gaz à effet de serre et les plans de réduction, le développement de processus innovants, ainsi que la valorisation des résidus.
Il met également à la disposition de ses membres des outils et des services spécialisés, dont des plans de formation sectorielle, des guides et protocoles liés à la sécurité incendie, aux mesures d’urgence, à l’enlisement d’équipement et à la restauration écologique, de même qu’un soutien à la certification Veriflora-gestion responsable des tourbières. Un intranet collaboratif, une veille sectorielle et une stratégie de communication sectorielle unifiée complètent cette offre.
Le secteur de la tourbe horticole occupe une place significative au Québec. Selon les données présentées, il n’utilise que 0,06 % des tourbières québécoises, alors que plus de 80 % des superficies sont certifiées Veriflora. Plus de 2500 hectares de tourbières ont été restaurés ou réaménagés au Québec, dont 900 hectares grâce à la méthode de transfert de la couche muscinale, reconnue à l’échelle internationale. L’industrie génère environ 1800 emplois directs, indirects ou induits, dont 73 % des emplois directs se trouvent au Bas-Saint-Laurent ou sur la Côte-Nord. Les investissements et activités du secteur représentent environ 200 millions de dollars en produit intérieur brut pour le Québec.
Des créneaux structurants
Eric Girard, ministre délégué au Développement économique régional, souligne que le Québec mise sur les créneaux d’excellence pour mettre en valeur les forces régionales et stimuler l’économie locale. « L’élargissement du créneau Tourbe et substrats à la Côte-Nord constitue une excellente nouvelle, permettant de reconnaître l’expertise développée en production de tourbe horticole dans la région, tout en assurant une croissance durable de ce secteur. »
De son côté, Stéphanie Boudreau, directrice du créneau Tourbe et substrats et de l’Association des producteurs de tourbe horticole du Québec, estime que cette expansion représente une étape naturelle et structurante. « Cela renforce les collaborations interrégionales, et offre aux entreprises et aux partenaires un cadre solide pour innover, former la main-d’œuvre, et démontrer le caractère responsable et essentiel de la filière de la tourbe horticole au Québec. »
