Ces trois derniers mois, il n’y a pas eu d’anesthésiste à l’hôpital de La Pocatière, l’équivalent de deux mois sur trois. À moins d’une solution de dernière minute, il n’y en aura pas non plus du 9 au 31 juillet et les prévisions pour août ne sont pas encore dévoilées.
Toutes les démarches de recrutement du CISSS du Bas-Saint-Laurent ont été infructueuses jusqu’à présent. La diminution des services au bloc opératoire faute d’anesthésiste avait pourtant fait grand bruit et avait fait sortir dans les rues près de 5000 personnes qui ont manifesté pour le maintien de leurs services de soins de proximité le 7 mai dernier.
« Mme Malo (la PDG du CISSS) avait communiqué avec le PDG du CISSS de Chaudière-Appalaches pour voir s’il ne pouvait pas nous passer un anesthésiste sur des périodes spécifiques, ça n’a donné aucun résultat à ce jour. Le ministère a procédé à du recrutement international, mais on nous dit qu’il faudra attendre l’an prochain pour que cette avenue-là puisse porter ses fruits », a dit Lise Chabot, responsable des communications au CISSS.
Le CISSS dit ne pas abandonner ses efforts de recrutement même en période estivale. « C’est hors de notre contrôle, mais sachez qu’on travaille très fort. »
C’est inacceptable. Le ministre nous avait clairement dit lors de notre rencontre à l’Assemblée nationale, à l’occasion du dépôt de notre pétition de près de 9000 noms, qu’il souhaitait régler ce dossier pour l’été. Clairement, le problème reste entier.
Inacceptable
Les élus et citoyens n’en reviennent toujours pas. Les sorties publiques et les rencontres entre élus et le ministre de la Santé ont toutefois été nombreuses.
« C’est inacceptable. Le ministre nous avait clairement dit lors de notre rencontre à l’Assemblée nationale, à l’occasion du dépôt de notre pétition de près de 9000 noms, qu’il souhaitait régler ce dossier pour l’été. Clairement, le problème reste entier », a dit le préfet de la MRC de Kamouraska Yvon Soucy, en réaction aux dernières statistiques et à l’été difficile qui commence.
Le comité « Mes soins restent ici » formé ce printemps entend maintenir la pression. « C’est tellement désolant. Les services se dégradent graduellement. Malheureusement, la pression populaire devra continuer », estime Jean Martin, ex-infirmier et citoyen impliqué sur le comité.
Sans anesthésiste, plusieurs interventions chirurgicales ne peuvent être effectuées, tout comme les accouchements ou le traitement des traumatisés, par exemple.
D’avril à juin, il n’y avait pas d’anesthésiste 61 jours sur 92.