Le St-Louis deviendra la Buvette Ras L’Bock

David Lebel, Alexandre Caron et Julien Chouinard devant le Café St-Louis. Photo : Maxime Paradis

La Pocatière l’espérait depuis longtemps, et sa patience aura finalement payé. Dès la mi-octobre, une microbrasserie aura pignon sur rue sur la 4eavenue Painchaud. Ras L’Bock, qui a déjà un pub à Saint-Jean-Port-Joli et une usine dans le Parc de l’Innovation de La Pocatière, se porte acquéreur du Café St-Louis, véritable institution dans le milieu pocatois et auprès des étudiants collégiaux.

L’ouverture officielle de la Buvette Ras L’Bock est prévue pour le 12 octobre. Entre-temps, les copropriétaires de la microbrasserie – Alexandre Caron, David Lebel et Julien Chouinard – procéderont à quelques améliorations locatives afin d’apporter la touche vintage Ras L’Bock aux lieux, ce qui avait déjà été entamé ces deux dernières années.

Albert Dubé, le propriétaire cédant, avait procédé à un virage à 180 degrés de l’établissement au début de la pandémie en prenant une orientation axée sur la mixologie, les vins d’importation, et bien sûr les bières de microbrasseries. Le nom avait aussi été changé pour Le Fûté, mais le temps aura finalement manqué avant qu’il ne s’impose dans l’usage populaire.

« Après quelques années dans le milieu des bars, je me consacre désormais à l’immobilier et aux finances personnelles », explique Albert Dubé, désormais conseiller à la Caisse Desjardins de l’Anse de La Pocatière.

Cette réorientation de carrière explique d’ailleurs pourquoi il a lui-même approché le trio de brasseurs pour se porter acquéreur de son bar. De bonnes relations avaient déjà cours entre les quatre, depuis le virage microbrasserie effectué sous l’enseigne de Le Fûté. Alexandre, David et Julien, déjà bien établis à La Pocatière avec leur usine de production et d’embouteillage, y ont vu une belle occasion à ne pas laisser passer.

« L’endroit est bien connu et fréquenté. À La Pocatière, on voit aussi que nos produits ont beaucoup de succès dans nos différents points de vente. Notre souhait est d’aller vers quelque chose de plus buvette, axé sur la bière et les grignotines, une approche différente de notre pub à Saint-Jean-Port-Joli », indique Alexandre Caron.

Le pub de Saint-Jean-Port-Joli étant très achalandé en été, mais plus tranquille une fois la saison touristique terminée, Ras L’Bock veut opérer sa nouvelle adresse à La Pocatière en complémentarité, la ville étant plus animée le reste de l’année en raison de la présence étudiante. Cette approche assurera une meilleure rétention des ressources humaines qui seront amenées à être sollicitées aux deux endroits à l’année, selon les besoins. La microbrasserie pourra aussi écouler un volume de bière pour consommation sur place plus constant, à l’année.

« Le St-Louis a 20 lignes de bière, contrairement à dix à notre pub de Saint-Jean-Port-Joli. On a assez de produits différents pour fournir ça toute l’année. Mais notre intention est aussi d’avoir des micros invitées, comme Auval, qui sera disponible dès notre ouverture officielle », poursuit Alexandre Caron.

Avec une capacité de 250 places, le St-Louis offre également de nouvelles options à Ras L’Bock pour animer les lieux. Des spectacles sont déjà dans la mire d’Alexandre, Julien et David, dont celui du groupe Carotté qui s’arrêtera le 29 décembre à La Pocatière et le lendemain à Saint-Jean-Port-Joli. Le trio évoque aussi la possibilité de soirées d’humour ponctuelles et de ligues d’improvisation, l’espace étant au rendez-vous contrairement à Saint-Jean-Port-Joli.

Fin d’une époque

Pour Albert Dubé, la vente du St-Louis constitue à la fois la fin d’une époque et une continuité. Anciennement Hôtel Beauchesne de 1927 à 1938, l’établissement a pris le nom d’Hôtel Saint-Louis après l’achat du bâtiment par Edmond Martin en 1938, qui en sera propriétaire durant 40 ans. En 1978, Michel Richard en fait l’acquisition, suivi de Gaétan et Denis Dubé en 1981, qui rebaptiseront l’endroit Café St-Louis. Fils de Denis, Albert Dubé a racheté les lieux en 2015, maintenant ainsi l’endroit dans le giron familial pendant plus de 40 ans.

« Mon père et moi sommes reconnaissants de l’appui de la clientèle et des employés durant toutes ces années. Ce n’était pas une décision facile de vendre, je suis un peu nostalgique, je dirais, mais je suis surtout content que ça puisse continuer avec des gens du coin. Ras L’Bock, c’est des gars motivés qui vont continuer de faire vivre l’endroit et ça, ça me rend heureux pour La Pocatière qui à mon avis en ressort gagnante. »